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Prières aux martyrs – Prières des premiers chrétiens

Prières des premiers chrétiens

Prières aux martyrs
I

(87) O très vaillants et bienheureux martyrs ! Vous avez été choisis et élus pour la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui le magnifie, l’honore et l’adore doit lire ces nouveaux exemples pour l’édification de l’Eglise, parce qu’ils ne sont pas moins beaux que ceux d’autrefois. Ils rendent témoignage que l’unique et même l’Esprit agit toujours ainsi que le Dieu tout-puissant et son Fils Jésus-Christ, notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance souveraine dans les siècles des siècles ! Amen.

II

(88) O bienheureux martyrs, qui dans le creuset du feu avez été éprouvés comme For précieux ; vous avez revêtu la curasse de la foi et le casque du salut ; vous avez été couronnés du diadème et de la couronne impérissable, parce que vous avez écrasé la tête du démon.

O bienheureux martyrs, vous avez mérité une demeure d’honneur dans les cieux, debout à la droite du Christ, où vous bénissez Dieu le Père tout-puissant et notre Seigneur Jésus-Christ son Fils !

A lui honneur et gloire dans les siècles des siècles ! Amen

(Extrait de « Prières des premiers chrétiens » de A. HAMMAN o.f.m.)



DERNIERE EXHORTATION DE S. ANDRÉ KIM TAEGON (Martyr)

DERNIERE EXHORTATION DE S. ANDRÉ KIM TAEGON

Frères et amis très chers, pensez et repensez à ceci : depuis le commencement des temps. Dieu a disposé le ciel, la terre et toute chose ; réfléchissez pourquoi et dans quelle intention il a créé l’homme, chaque homme, à son image et à sa ressemblance.

Si donc en ce monde rempli de dangers et de misère nous ne connaissons pas le Seigneur notre créateur, à quoi bon être nés ! Notre vie est inutile. Grâce à Dieu, nous sommes venus au monde. Grâce à Dieu également, nous avons reçu le baptême, nous sommes entrés dans l’Église, et, devenus disciples du Seigneur, nous portons un nom glorieux. Mais à quoi enfin servirait ce nom s’il ne recouvre pas la réalité ? Sinon, c’est en vain que nous serions venus au monde, que nous serions entrés dans l’Église. Bien plus, cela ne servirait pas le Seigneur et sa grâce. Il serait mieux pour nous de n’être pas nés que de recevoir la grâce du Seigneur et de pécher contre lui.

Voyez le paysan qui fait les semailles dans son champ : au temps convenable, il laboure la terre, puis il y met de l’engrais, et sans regarder à sa peine sous le soleil il cultive avec soin la semence. Quand le temps de la moisson est arrivé, si les épis sont gonflés, il oublie sa peine et sa sueur, son cœur est dans la joie et il se félicite de la récolte. Mais si le grain est maigre, s’il n’y a rien d’autre que paille et épis vides, le paysan se souvient de son dur travail et de sa sueur et plus il avait travaillé ce champ, plus il le délaisse.

Il en va ainsi du Seigneur : la terre, c’est son champ ; nous les hommes, la semence ; la grâce, l’engrais. Par l’incarnation et la rédemption, il nous arrose de son sang pour que nous grandissions et que nous parvenions à maturité. Quand viendra le temps de la moisson au jour du jugement, si, par grâce, nous sommes trouvés mûrs, nous connaîtrons la joie du royaume des cieux comme des fils adoptifs de Dieu ; mais si nous ne sommes pas trouvés mûrs, nous serons devenus ennemis de Dieu, de fils adoptifs que nous étions, et nous recevrons la punition éternelle que nous aurons méritée.

Frères très chers, sachez-le : notre Seigneur Jésus, en venant ici-bas, a supporté lui-même des douleurs sans nombre, par sa passion il a fondé l’Église et par la passion de ses fidèles il la fait grandir. Les puissances de ce monde peuvent bien l’opprimer et l’attaquer, jamais elles ne pourront l’emporter sur elle. Après l’Ascension de Jésus, depuis le temps des Apôtres jusqu’à maintenant, la sainte Église a grandi partout au milieu des persécutions.

Voici maintenant cinquante ou soixante ans que la sainte Église est entrée dans notre Corée ; les fidèles ont supporté à plusieurs reprises la persécution. Aujourd’hui encore celle-ci recommence : de nombreux amis dans la foi et moi-même sommes en prison, et vous aussi vous êtes menacés. Puisque nous formons un seul corps, comment ne pas avoir le cœur en peine ? Comment ne pas ressentir humainement la douleur de la séparation ?

Cependant, l’Écriture nous le dit, Dieu prend soin du moindre cheveu de notre tête, rien n’échappe à sa science infinie. Comment donc regarder cette persécution autrement que comme une permission du Seigneur, soit pour nous récompenser, soit pour nous punir ? Suivez donc la volonté de Dieu, combattez de tout cœur pour notre chef divin, Jésus, et vous vaincrez le démon de ce monde, déjà vaincu par le Christ.

Je vous en conjure : n’oubliez pas l’amour fraternel, mais secourez-vous mutuellement et persévérez jusqu’à ce que le Seigneur ait pitié de nous et écarte la persécution.

Nous sommes vingt ici et, grâce à Dieu, nous allons tous bien jusqu’à présent. Si quelqu’un est mis à mort, je vous conjure de ne pas oublier sa famille.

J’aurais encore bien des choses à vous dire, mais comment m’exprimer par lettre ? Je termine donc. Pour nous d’ici peu nous irons au combat ; je vous supplie de vous garder dans la fidélité de manière à nous retrouver ensemble dans la joie du ciel. Je vous embrasse de tout cœur.

 

Siméon et les Martyrs Perses

Les Prières des Martyrs
Siméon et les Martyrs Perses – prière avant le Martyre

      Siméon bar Sabbé était évêque de Séleucie, en Perse. Il mourut, avec d’autres compagnons, pendant la persécution de Sapor II entre 339 et 344.

      Seigneur Jésus, qui as prié pour tes bourreaux, et nous apprends à prier pour nos ennemis, tu as accueilli l’âme de ton diacre Etienne, qui pria pour ceux qui le lapidèrent; accueille aussi les âmes des frères et la mienne avec tous les témoins qui furent couronnés en Occident, les saints apôtres et les saints prophètes. Ne l’impute pas à faute aux persécuteurs de ton peuple et aux meurtriers de ton corps, mais donne-leur de se convertir et de reconnaître ta divinité et ta seigneurie.

      Bénis, Seigneur, les villes et les cités de l’Orient, que tu m’as confiées. Garde tous les fidèles de ce pays comme la prunelle de tes yeux. Abrite-les sous les ailes de ta protection, jusqu’à la fin de ces troubles. Reste avec eux, jusqu’à la consommation du monde, selon ta promesse.

      Bénis aussi cette ville de Karka, où nous fûmes pris et couronnés. Que ta croix la garde dans la vraie foi, maintenant et toujours et dans les éternités des éternités! Amen.

(prière n°86 dans « Prières des premiers Chrétiens » )



Massacre des chrétiens à Bagdad. Témoignage

Massacre des chrétiens à Bagdad. Témoignage.

Chers frères et sœurs de partout,

Nous voulons commencer cette lettre par vous remercier de tous les messages de communion et de solidarité que nous avons reçus. Il y a beaucoup de catastrophes naturelles en ce moment dans le monde qui font des victimes bien plus nombreuses que chez nous, mais la cause n’en est pas la haine, c’est ce qui fait toute la différence.

Notre église est habituée aux coups durs, mais c’est la 1re fois que c’est aussi violent et sauvage et surtout la 1re fois que cela se passe a l’intérieur de l’église, d’habitude ils font exploser des bombes dans la cour des églises.

L’église Notre Dame du Salut est une des 3 églises syriaques catholiques de Bagdad, la plupart des gens qui la fréquentent sont des chrétiens de rite syriaque originaires de Mossoul ou des 3 villages chrétiens syriaques proches de Mossoul : Qaraqosh dont sont originaires nos ps. Virgin Hanan et Rajah Nour, Bartolla et Bashiqa dont est originaire ps. Mariam Farah. Grâce à Dieu aucune d’elles n’a eu de parents proches tués ou blessés gravement.

L’église a été prise d’assaut le dimanche 31 octobre après midi, juste après le sermon du Père Tha’er qui célébrait la messe. Le père Wasim, qui est le fils d’une cousine de ps. Lamia, confessait au fond de l’église près de la porte d’entrée, le père Raphael était dans le chœur. Les attaquants étaient de très jeunes gens (14-15 ans) non masqués, armés de mitraillettes, de grenades et ils portaient une ceinture explosive. Ils ont tout de suite ouvert le feu, tuant le père Wasim qui tentait de fermer la porte de l’église, puis ils ont tiré aveuglément après avoir ordonné aux gens de se jeter à terre, de ne plus bouger et de ne pas crier. Certaines ont réussi a envoyer des messages par téléphone portable pour donner l’alerte, mais après les assaillants tiraient sur toute personne qu’ils voyaient utiliser son portable. Le père Tha’er qui continuait à célébrer a été tué à l’autel dans ses habits sacerdotaux, son frère et sa mère ont été tués également.

Après, cela a été le massacre, nous ne pouvons pas raconter tout ce que les gens nous ont dit, même les enfants qui criaient étaient tués. Certaines personnes s’étaient réfugiées dans la sacristie en barricadant la porte, mais ils sont montes sur la terrasse de l’église et ont jeté des grenades par les fenêtres de la sacristie qui sont en hauteur.

Tout ceci laisse penser que c’était une attaque bien préparée et qu’ils avaient eu de l’aide à l’extérieur, comment ont-ils pu forcer le barrage de police (dans la rue qui va à l’église) et connaître le chemin de la terrasse etc.. ?

Ils ont mitraillé également les appareils d’air conditionné pour que le gaz en s’échappant asphyxie les gens qui étaient proches.

Ils ont mitraillé la Croix en se moquant et en disant aux gens : “ dites-lui de vous sauver “, ils ont aussi prié l’appel à la prière : Allah akbar, la ilah illallah… Et à la fin quand l’armée a été sur le point d’entrer, ils se sont fait exploser.

L’armée et les secours ont mis presque 2 heures à arriver, ainsi que les Américains qui survolaient en hélicoptère, mais l’armée n’est pas entraînée à gérer ce genre de situation et ils ne savaient pas bien quoi faire. Pourquoi ont-ils mis si longtemps à arriver ?

Tout s’est terminé vers 10 h 30 – 11h du soir, cela a duré très longtemps et nous pensons que beaucoup de personnes sont mortes suite à l’hémorragie de leurs blessures.

Après, les blesses ont été emmenés dans différents hôpitaux et les morts a la morgue. Les gens ont commencé à arriver pour savoir ce qui s’était passé et prendre des nouvelles de leurs proches, mais l’église était interdite d’accès et les gens ont commencé à aller d’hôpital en hôpital à la recherche de leurs proches , nous avons vu des gens qui ont cherché leur proche jusqu’à 4 heures du matin pour finalement le découvrir à la morgue.

Le lendemain ont eu lieu les obsèques dans l’église chaldéenne voisine, l’église était bondée, c’était très impressionnant, il y avait 15 cercueils alignés dans le chœur, les autres victimes ont été enterrées dans leur village ou séparément, selon les cas.

Des représentants de toutes les communautés chrétiennes ainsi que du gouvernement étaient là, notre patriarche a parlé ainsi que le porte-parole du gouvernement et un religieux, chef d’un parti islamique (Moammar el Hakim).

La prière a eu lieu dans une grande dignité et sans manifestations bruyantes. Le père Saad, responsable de cette église avait aidé les gens à prier à mesure qu’ils arrivaient, avant que ne commence la cérémonie.

Les 2 jeunes prêtres ont été enterrés dans leur église dévastée, il y a un cimetière sous l’église, avant d’être enterrés on a fait entrer les cercueils dans l’église pour qu’ils lui fassent leurs adieux.

Au début, nous ne savions rien des victimes, nous ne connaissions personne directement, sauf le père Raphaël, prêtre très âgé, nous sommes allées à cet hôpital pour le visiter et visiter les blessés qui y étaient. Ce sont les familles qui nous conduisaient de chambre en chambre ainsi que les cadres de l’hôpital qui nous indiquaient les blessés. Par hasard tous étaient des femmes ou des jeunes filles, toutes blessées par balle, ce n’est pas comme dans une explosion ou on peut se faire arracher un bras ou une jambe. Nous sommes restées à côté d’eux sans parler beaucoup, c’était eux qui parlaient ou leur famille, chacun revivait son histoire en nous la racontant. Comme l’attaque a eu lieu un Dimanche à la messe, des membres d’une même famille ont été tués ou blessés, certains en protégeant leurs enfants. Nous avons été frappés par leur calme et leur foi quand ils racontaient, nous sentions que c’était des gens revenus d’un autre monde et qu’à ce moment-là, plus rien ne comptait que la rencontre proche avec le Seigneur, ils ne pensaient plus à rien et priaient seulement, et cela a duré 5 heures…

Le Vendredi après midi les jeunes de plusieurs paroisses sont venus pour aider à déblayer et nettoyer un peu, et le Dimanche suivant le 7 Novembre tous les prêtres syriens et chaldéens de Bagdad qui étaient libres ont célébré la messe dans cette église vide et dévastée sur une table de fortune, il y avait peu de monde car cette messe n’avait pas été annoncée, nous n’y sommes pas allées car nous ne l’avons pas su, c’était très émouvant.

Il y a un sursaut de foi et de détermination surtout chez les prêtres restant à Bagdad qui disent : ils veulent nous chasser et nous exterminer mais nous sommes là et nous resterons, depuis quatorze siècles vous n’avez pas pu en finir avec nous. L’histoire des chrétiens d’Iraq est une longue histoire de persécutions, de martyrs, de chrétiens chassés et déplacés.

Nous pensons à la phrase du psaume 69 : « Plus nombreux que les cheveux de la tête, ceux qui me haïssent sans cause » et nous pensons surtout à Jésus, haï sans raison, alors qu’il passait en faisant le bien.

Nous terminons cette lettre avec le cri d’un enfant de 3 ans qui a vu tuer son père et qui criait : « ça suffit, ça suffit », avant d’être tué lui aussi ; oui vraiment avec notre peuple, nous crions aussi : ça suffit.

Vos petites sœurs de Bagdad Alice et Martine.