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Prière du pape François pour le Jubilé

Seigneur Jésus Christ,
toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste, et nous a dit que te voir, c’est Le voir.
Montre-nous ton visage, et nous serons sauvés.
Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent, la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers leurs seules créatures ;
tu as fais pleurer Pierre après son reniement et promis le paradis au larron repenti.
Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s’adressant à nous :

« Si tu savais le don de Dieu ! »

Tu es le visage visible du Père invisible, du Dieu qui manifesta sa toute-puissance par le pardon et la miséricorde :
fais que l’Église soit, dans le monde, ton visage visible, toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.
Tu as voulu que tes serviteurs soient eux aussi habillés de faiblesse pour ressentir une vraie compassion à l’égard de ceux qui sont dans l’ignorance et l’erreur :
Fais que quiconque s’adresse à l’un d’eux se sente attendu, aimé, et pardonné par Dieu.

Envoie ton Esprit et consacre-nous tous de son onction pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une année de grâce du Seigneur, et qu’avec un enthousiasme renouvelé, ton Église annonce aux pauvres la Bonne Nouvelle, aux prisonniers et aux opprimés la liberté, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue.
Nous te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde,
à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles. Amen.



Écoutez l’encyclique Laudato si’ du pape François (mp3)

Pape François
Pape François

Le diocèse de Metz, en partenariat avec Radio Jerico, a le plaisir de vous proposer cette lecture de l’encyclique Laudato Si’ du pape François.

Cet enregistrement, réalisé bénévolement à partir de la version française du texte publiée sur le site internet du Saint-Siège, est mis gracieusement à la disposition de ceux qui le souhaitent, il peut être partagé mais ne peut en aucun cas être vendu. Pour toute autre utilisation, merci de vous adresser à la Conférence des Evêques de France qui gère les droits du texte de l’encyclique.

Sans plus attendre, suivez ce lien :

http://missionweb.free.fr/livres.php?contenu=livres/pape#laudato_si

Bonne écoute 🙂

   

Baptême du Seigneur – Homélie de Monseigneur François Garnier

11/01/2015, Baptême du Seigneur
Homélie de la messe à Cambrai par Monseigneur François Garnier
Que le Christ réveille notre baptême !

Chers amis, avec le baptême du Christ, le temps liturgique de Noël s’achève. Il nous a donné trois bonnes nouvelles.

La première ? Celle de la nuit de Noël : le Fils de toute éternité descend de son ciel. Il renonce à tous ses avantages de Dieu, à tous ses privilèges de Dieu. En accord avec le Père et l’Esprit, il prend sans tricher un vrai corps d’homme, un vrai cœur d’homme, un véritable esprit d’homme, une véritable liberté d’homme. Il vient nous montrer ce que c’est qu’être vraiment homme. Il vient courir après les prodigues que nous sommes tous. Saint Paul dira qu’il se fait le serviteur et même l’esclave de chacun de nous. Il vient de loin pour nous sauver de près. C’est cela que nous avons fêté le 25 décembre.
La seconde bonne nouvelle est celle de dimanche dernier, celle de l’Épiphanie ; nous avons compris que Jésus ne venait pas seulement pour sauver son peuple, le peuple juif, mais qu’il venait pour tout le monde, tous les peuples, y compris pour les païens les plus lointains, symboliquement représentés par ces mystérieux mages, savants venus d’Orient. C’est la deuxième bonne nouvelle de Noël.

Et aujourd’hui, c’est la troisième ! L’Église fête le Baptême de Jésus. Jésus plonge de l’immensité du ciel jusqu’à nos pieds pour nous appeler à une vie nouvelle. À la suite du baptême du Christ, les apôtres baptiseront « au nom du Père, et du Fils et de l’Esprit Saint ». Nous voilà provoqués à appartenir à la Trinité. Nous voilà provoqués à vivre entre nous la qualité de relation qu’il y a entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Avons-nous compris la grandeur de notre vocation de baptisés ? Cela est plus nécessaire que jamais dans la situation de notre Église catholique en France. Nous la connaissons bien, cette situation ; nous multiplions les prières pour le réveil des vocations de prêtres, de religieux, de religieuses et de consacré(e)s, et nous avons bien raison de le faire ; mais l’épreuve que nous traversons, avec désormais un tout petit nombre de prêtres, un très petit nombre de diacres, un trop petit nombre de consacré(e)s sera longue. Du coup, tous les baptisés sont provoqués à réveiller leur responsabilité, une responsabilité qui n’aurait jamais dû s’endormir.

Les baptisés sont responsables dans le monde. Ils se méfient de toutes les lumières artificielles, de tous les vendeurs de rêves, de tous les chefs de sectes. Ils ne se laissent pas manipuler par les modes passagères, les opinions majoritaires, les publicités et les sondages. Comme Jésus, les baptisés questionnent l’argent : il peut être volé aux pauvres. Ils questionnent le pouvoir : il peut servir plus à celui qui l’a qu’à ceux qu’il doit servir. Ils questionnent même la religion : toutes les prières peuvent devenir si vite hypocrites…
Comme Jésus, ils défendent la vie humaine, surtout les vies fragiles : même celles embryonnaires ou vieilles qui peinent à vivre dans les longues années de la fin de vie. Celle aussi de toutes les personnes handicapées ou malades. Même celle du criminel…

Comme Jésus, les baptisés savent qu’aimer c’est parfois affronter ; mais ils le font sans vouloir écraser, sans prendre le risque de mépriser. Comme Jésus, les baptisés renoncent au donnant-donnant, coup pour coup, œil pour œil et dent pour dent : ils n’attendent pas d’être aimés pour continuer d’aimer et de servir. Comme Jésus, s’ils connaissent « l’heure » de la croix, les baptisés essaient de la vivre sans blasphémer contre Dieu ni haïr ceux qui les font souffrir.

Comme Jésus, enfin, les baptisés n’imposent jamais leur foi, mais ils ne peuvent renoncer à la proposer ; cette foi, ils la renouvellent dans le cœur à cœur avec le Christ, dans leur prière et les sacrements de l’Église, dans leur attachement à la célébration de l’Eucharistie du dimanche, pour vivre autrement avec l’Esprit de Jésus la semaine qui s’ouvre. À l’inverse des footballeurs qui s’entraînent pendant toute la semaine pour jouer le dimanche, les baptisés s’entraînent pendant une heure chaque dimanche pour vivre toute la semaine de l’Esprit Saint de leur baptême. Cette foi, elle grandit dans l’écoute de la seule parole qui ne s’use pas, celle de l’Évangile. Oh oui, les baptisés se savent fragiles mais uniques aux yeux de Dieu. Ils savent que chacun d’eux est précieux pour le Christ, que chacun d’eux est chargé de mission. Ils sont les vrais baptisés dont le monde a tant besoin… Ils sont vous, chacun de vous, ils sont nous tous !
Que l’Esprit Saint réveille aujourd’hui notre baptême !



Journée Missionnaire Mondiale 2014 – Message du Pape François

Oeuvres Pontificales Missionnaires
Oeuvres Pontificales Missionnaires

Journée Missionnaire Mondiale 2014

Message du Pape François :

« Aujourd’hui encore, très nombreux sont ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ. C’est pourquoi la mission ad gentes demeure une grande urgence, à laquelle tous les membres de l’Eglise sont appelés à participer, parce que l’Eglise est, de par sa nature même, missionnaire : l’Eglise est « en sortie ». La journée missionnaire mondiale est un moment privilégié durant lequel les fidèles des différents continents s’engagent par la prière et par des gestes concrets de solidarité à soutenir les jeunes Eglises des territoires de mission. il s’agit d’une célébration de grâce et de joie. De grâce, parce que le Saint Esprit, envoyé par le Père, offre sagesse et force à ceux qui sont dociles à son action. De joie, parce que Jésus Christ, le Fils du Père, envoyé pour évangéliser le monde, soutient et accompagne notre oeuvre missionnaire.
Une Semaine mondiale pour renforcer la prière et la communion… ».



La miséricorde de Dieu – Pape François

La miséricorde de Dieu

Dans toute l’Église, c’est le temps de la miséricorde. C’était l’intuition du bienheureux Jean-Paul II. Il a eu du « flair » : nous sommes dans le temps de la miséricorde. Pensons à la béatification et à la canonisation de sœur Faustine Kowalska ; ensuite il a introduit la fête de la Divine miséricorde. Il a avancé peu à peu, et il a continué d’avancer dans ce sens.Dans son homélie pour la canonisation, en l’An 2000, Jean-Paul II a souligné que le message de Jésus-Christ à sœur Faustine se situe dans le temps, entre les deux guerres mondiales, et qu’il est très lié à l’histoire du vingtième siècle. Et en regardant l’avenir, il disait :

« Que nous apporteront les années qui s’ouvrent à nous? Quel sera l’avenir de l’homme sur la terre? Nous ne pouvons pas le savoir. Il est toutefois certain qu’à côté de nouveaux progrès ne manqueront pas, malheureusement, les expériences douloureuses. Mais la lumière de la miséricorde divine, que le Seigneur a presque voulu remettre au monde à travers le charisme de Sœur Faustine, éclairera le chemin des hommes du troisième millénaire. (…) Ce message réconfortant s’adresse en particulier à celui qui, touché par une épreuve particulièrement dure ou écrasé par le poids des péchés commis, a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir. C’est à lui que se présente le visage doux du Christ, c’est sur lui qu’arrivent ces rayons qui partent de son cœur et qui illuminent, réchauffent, indiquent le chemin et diffusent l’espérance. Combien d’âmes a déjà réconforté l’invocation : « Jésus, j’ai confiance en Toi », que la Providence a suggérée à Sœur Faustine ! Cet acte simple d’abandon à Jésus dissipe les nuages les plus épais et fait pénétrer un rayon de lumière dans la vie de chacun.»

C’est clair. C’est explicite, en 2000, mais c’est quelque chose qui mûrissait dans son cœur depuis longtemps. Dans sa prière, il a eu cette intuition.Aujourd’hui, nous oublions tout trop vite, même le magistère de l’Église ! C’est en partie inévitable, mais les grands contenus, les grandes intuitions et les consignes laissées au peuple de Dieu, nous ne pouvons pas les oublier. Et celle de la miséricorde divine en fait partie. C’est une consigne qu’il nous a laissée, mais qui vient d’en-haut.

Pape François, 5 mars 2014   .



Conf. Carême – Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium – P. GURTNER & BARTHELMÉ

Conférence de Carême sur le thème de l’exhortation Apostolique Evangelii Gaudium – La joie de l’Evangile – du Pape François, animée par le père Robert GURTNER et l’abbé Jean-Louis BARTHELMÉ.



Pape François – Carême

MESSAGE DE SA SAINTETÉ

FRANÇOIS

POUR LE CARÊME 2014

Il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (cf 2 Cor 8,9)

Chers frères et sœurs,

Je voudrais vous offrir, à l’occasion du Carême, quelques réflexions qui puissent vous aider dans un chemin personnel et communautaire de conversion. Je m’inspirerai de la formule de Saint Paul : « Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co  8, 9 ). L’Apôtre s’adresse aux chrétiens de Corinthe pour les encourager à être généreux vis-à-vis des fidèles de Jérusalem qui étaient dans le besoin. Que nous disent-elles, ces paroles de saint Paul, à nous chrétiens d’aujourd’hui ? Que signifie, pour nous aujourd’hui, cette exhortation à la pauvreté, à une vie pauvre dans un sens évangélique ?

La grâce du Christ

Ces paroles nous disent avant tout quel est le style de Dieu. Dieu ne se révèle pas par les moyens de la puissance et de la richesse du monde, mais par ceux de la faiblesse et la pauvreté : « Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous … ». Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, « vidé », pour nous devenir semblable en tout (cf. Ph 2, 7 ; He 4, 15). Quel grand mystère que celui de l’Incarnation de Dieu ! C’est l’amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d’être proche et qui n’hésite pas à se donner, à se sacrifier pour ses créatures bien-aimées. La charité, l’amour, signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous. Jésus en effet, « a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché » (Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et Spes, n. 22 § 2).

La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, – dit saint Paul – [pour que] « … vous deveniez riches par sa pauvreté ». Il ne s’agit pas d’un jeu de mots, ni d’une figure de style ! Il s’agit au contraire d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix. Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés, non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. Pourtant saint Paul connaît bien « la richesse insondable du Christ » (Ep  3, 8 ) « établi héritier de toutes choses » (He 1, 2).

Alors quelle est-elle cette pauvreté, grâce à laquelle Jésus nous délivre et nous rend riches ? C’est justement sa manière de nous aimer, de se faire proche de nous, tel le Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le bord de la route (cf. Lc 10, 25ss). Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut, le vrai bonheur, c’est son amour de compassion, de tendresse et de partage. La pauvreté du Christ qui nous enrichit, c’est le fait qu’il ait pris chair, qu’il ait assumé nos faiblesses, nos péchés, en nous communiquant la miséricorde infinie de Dieu. La pauvreté du Christ est la plus grande richesse : Jésus est riche de sa confiance sans limite envers le Père, de pouvoir compter sur Lui à tout moment, en cherchant toujours et seulement la volonté et la gloire du Père. Il est riche comme est riche un enfant qui se sent aimé et qui aime ses parents et ne doute pas un seul instant de leur amour et de leur tendresse. La richesse de Jésus, c’est d’être le Fils ; sa relation unique avec le Père est la prérogative souveraine de ce Messie pauvre. Lorsque Jésus nous invite à porter son « joug qui est doux », il nous invite à nous enrichir de cette « riche pauvreté » et de cette « pauvre richesse » qui sont les siennes, à partager avec lui son Esprit filial et fraternel, à devenir des fils dans le Fils, des frères dans le Frère Premier-né (cf. Rm 8,  29) .

On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est celle de ne pas être des saints (L. Bloy) ; nous pourrions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ.

Notre témoignage

Nous pourrions penser que cette « voie » de la pauvreté s’est limitée à Jésus, et que nous, qui venons après Lui, pouvons sauver le monde avec des moyens humains plus adéquats. Il n’en est rien. À chaque époque et dans chaque lieu, Dieu continue à sauver les hommes et le monde grâce à la pauvreté du Christ, qui s’est fait pauvre dans les sacrements, dans la Parole, et dans son Église, qui est un peuple de pauvres. La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ.

À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l’exigence d’une distribution équitable des richesses. C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et au partage.

La misère morale n’est pas moins préoccupante. Elle consiste à se rendre esclave du vice et du péché. Combien de familles sont dans l’angoisse parce que quelques-uns de leurs membres – souvent des jeunes – sont dépendants de l’alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie ! Combien de personnes ont perdu le sens de la vie, sont sans perspectives pour l’avenir et ont perdu toute espérance ! Et combien de personnes sont obligées de vivre dans cette misère à cause de conditions sociales injustes, du manque de travail qui les prive de la dignité de ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité dans les droits à l’éducation et à la santé. Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi cause de ruine économique, se rattache toujours à la misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous estimons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment.

L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle : le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine.

Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.

Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous « [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6,  10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puisse parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.

Du Vatican, le 26 décembre 2013


Fête de Saint Étienne, diacre et protomartyr