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Marthe Robin et le réveil de la France – Père F-J LEROY (vidéo)

Loin de l’illusion des trente glorieuses, la fécondité du sacrifice par Amour véritable et la Puissance de l’Eucharistie. Après une première partie (5min) durant laquelle le Père LEROY, père du foyer de charité de BAYE resitue Marthe Robin, la seconde aborde certaines questions de fond telles l’Eucharistie, l’euthanasie, les soins palliatifs, la souffrance…

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Bon film 🙂
jean-marie



Eucharistie – Ste Thérèse de Lisieux

Sainte Thérèse de Lisieux

(2 janvier 1873 – 30 septembre 1897)

Thème: EUCHARISTIE

I SOUVENIRS D’ENFANCE

Thérèse a environ quatre ans, sa soeur Céline en a huit.

Céline disait un jour : “ Comment cela se fait-il que le bon Dieu peut être dans une si petite hostie ? ” Thérèse répond alors : “ Ce n’est pas étonnant puisque le bon Dieu est tout puissant. ” — “ Qu’est ce que veut dire tout puissant ? ” — “ Mais c’est de faire tout ce qu’il veut ! ” (Ms A, 10r°)

Tous les après-midi, j’allais faire une petite promenade avec Papa, nous faisions ensemble notre visite au Saint Sacrement, visitant chaque jour une nouvelle église. (Ms A, 13v°)

J’aimais surtout les processions du Saint Sacrement, quelle joie de semer des fleurs sous les pas du Bon Dieu ! … mais avant de les y laisser tomber je les lançais le plus haut que je pouvais et je n’étais jamais aussi heureuse qu’en voyant mes roses effeuillées toucher l’Ostensoir sacré… (Ms A, 17r°)

Thérèse a douze ans ou treize ans. Son seul ami : Jésus au Saint Sacrement

Je montais à la tribune de la chapelle et je restais devant le Saint Sacrement jusqu’au moment où Papa venait me chercher, c’était ma seule consolation, Jésus n’était-il pas mon unique ami ? Je ne savais parler qu’à lui, les conversions avec les créatures, même les conversions pieuses me fatiguaient l’âme. Je sentais qu’il valait mieux parler à Dieu que de parler de Dieu, car il se mêle tant d’amour propre dans les conversions spirituelles. (Ms A, 41r°)

Le cantique de Céline (PN 18, strophe 10 (souvenirs d’enfance))

Oh ! que j’aimais Jésus-Hostie
Qui vint au matin de ma vie
Se fiancer à mon âme ravie
Oh ! que j’ouvris avec bonheur
Mon coeur !…

En rentrant à Lisieux (de son pèlerinage de Rome pour voir le Pape au sujet de son entrée au Carmel), elle envoya son bracelet d’or aux chapelains de Montmartre pour qu’il soit fondu pour faire partie du grand ostensoir, désir qui montre clairement le désire de Thérèse de veiller jour et nuit près de Jésus dans l’Eucharistie.

Note : L’ostensoir contient le bracelet en or de Thérèse est au Sacré-Coeur, à Paris, où Jésus au Très Saint Sacrement est perpétuellement adoré.

II ADORATION, ACTIONS DE GRÂCE

Les Sacristines du Carmel (Poésie PN 40, Novembre 1896)

Ici-bas notre doux office
Est de préparer pour l’autel,
Le pain, le vin du Sacrifice
Qui donne à la terre : “ Le Ciel ! ”

Le Ciel, ô mystère suprême !
Se cache sous un humble pain
Car le Ciel, c’est Jésus Lui-Même,
Venant à nous chaque matin.

Il n’est pas de reines sur terre
Qui soient plus heureuses que nous.
Notre office est une prière
Qui nous unit à notre Époux.

Les plus grands honneurs de ce monde
Ne peuvent pas se comparer
A la paix céleste et profonde
Que Jésus nous fait savourer.

Nous portons une sainte envie
A l’ouvrage de notre main,
A la petite et blanche hostie
Qui doit voiler l’Agneau divin.

Mais son amour nous a choisies
Il est notre Époux, notre Ami.
Nous sommes aussi des hosties
Que Jésus veut changer en Lui.

Mission sublime du Prêtre,
Tu deviens la nôtre ici-bas
Transformées par le Divin Maître
C’est Lui qui dirige nos pas.

Nous devons aider les apôtres
Par nos prières, notre amour
Leurs champs de combats sont les nôtres
Pour eux nous luttons chaque jour.

Le Dieu caché du tabernacle
Qui se cache aussi dans nos coeurs
A notre voix, ô quel miracle !
Daigne pardonner aux pécheurs !

Notre bonheur et notre gloire
C’est de travailler pour Jésus.
Son beau Ciel voilà le ciboire
Que nous voulons combler d’élus !…

Lettre à soeur Marie de l’Eucharistie (LT 234, 2 juin 1897)

      A ma petite Soeur chérie, souvenir du beau jour où l’Époux de son âme daigne poser son signe sur le front qu’Il s’apprête à couronner un jour devant tous les Élus…
      Autrefois le Ciel entier se réunit le 2 Juin, afin de contempler ce mystère d’amour : Jésus, le doux Jésus de l’Eucharistie se donnant pour la première fois à Marie. Il est là encore aujourd’hui ce beau Ciel compose des Anges et des Saints, il est là, contemplant avec ravissement : Marie se donnant à Jésus devant le monde étonné d’un sacrifice qu’il ne comprend pas. Ah ! s’il avait compris le regard que Jésus abaissa sur Marie au jour de sa première visite, il comprendrait aussi le signe mystérieux qu’elle veut recevoir aujourd’hui de Celui qui l’a blessée d’amour… Ce n’est plus le gracieux voile aux longs plis neigeux qui doit envelopper Marie de l’Eucharistie, c’est un sombre voile qui rappelle à l’Épouse de Jésus qu’elle est exilée, que son Époux n’est point un Époux qui doit la conduire dans les fêtes, mais sur la montagne du Calvaire. Désormais, Marie ne doit plus rien regarder ici-bas, rien que le Dieu miséricordieux, Le JÉSUS de l’EUCHARISTIE !…

La petite Sr Thérèse de l’Enfant Jésus de la Ste Face

Les anges à la crèche (Récréations pieuses, RP 2)

[Scène 4]
L’ANGE DE L’EUCHARISTIE s’avance tenant un calice surmonté d’une hostie rayonnante. Il chante sur l’air : “ sur terre tout n’est pas rose ”

1
Contemplez, ange mon Frère,
Jésus montant vers le Ciel
Moi, je viens sur cette terre
Pour l’adorer à l’autel
Caché dans l’Eucharistie
Je vois le Dieu Tout-Puissant
Je vois l’Auteur de la vie
Bien plus petit qu’un enfant !…

Refrain

Désormais au sanctuaire
Ah ! je veux fixer mon séjour
Offrir à Dieu ma prière
Et l’hymne de mon amour.

2
Je veux chanter sur ma lyre
les charmes du Dieu caché
Je veux en un saint délire
M’enivrer de sa beauté
Ah ! que ne puis-je au tabernacle
Me nourrir du Dieu d’amour
Et par un très doux miracle
M’unir à Lui chaque jour.

Refrain

Oh ! du moins à l’âme sainte
Je veux prêter mon ardeur
Afin que sans nulle crainte
Elle approche du Sauveur !…

L’ANGE DE LA SAINTE FACE

Divin Jésus, voilà bien la dernière limite de ton amour ; après avoir rendu visible aux faibles créatures ta Face adorable dont les séraphins ne peuvent soutenir l’éclat, tu veux la cacher sous un voile plus épais encore que celui de la nature humaine… Mais, Jésus, je vois rayonner dans l’hostie la splendeur de ton visage. (Il s’agenouille devant l’hostie.) Ils ne sont point cachés pour moi, tes charmes ravissants….. Je vois ton ineffable regard pénétrer dans les âmes pures, les inviter à te recevoir… Comme la colombe qui se cache dans le creux de la pierre, ainsi tes épouses rechercheront-elles ton visage. Je vois leurs coeurs tourner vers toi et venir se réfugier près du tabernacle de ton amour !

[Scène 5]

L’ANGE DE L’EUCHARISTIE

Pain vivant descendu des Cieux !…. Grappe dorée qui fera germer les vierges, daigne aussi me faire entendre le doux son de ta voix, à moi qui jusqu’à la fin des siècles t’adorerai dans le sanctuaire. O Verbe divin que l’amour doit réduire au silence, il faudrait que les ministres de tes autels te touchent avec la même délicatesse que Marie lorsqu’elle t’enveloppe de langes…. Mais hélas ! bien souvent ton amour sera méconnu et tes prêtres ne seront pas dignes de leur sublime caractère…. O Dieu caché !… dis-moi, que pourrai-je faire afin de te consoler ?…

JÉSUS

12

Ange de mon Eucharistie
C’est toi qui charmeras mon coeur
Oui, c’est ta douce mélodie
Qui consolera ma douleur.

13
J’ai soif de me donner aux âmes
Mais bien des coeurs sont languissants
Séraphin, donne-leur tes flammes
Attire-les par tes doux chants.

14
Je voudrais que l’âme du Prêtre
Ressemble au séraphin du Ciel !
Je voudrais qu’il puisse renaître
Avant de monter à l’Autel !…

15
Afin d’opérer ce miracle
Il faudrait que, priant toujours
Des âmes près du tabernacle
S’immolent pour moi chaque jour.

III SUR L’IMPORTANCE DE LA COMMUNION

“ Ce n’est pas pour rester dans le ciboire d’or que Dieu descend chaque jour du Ciel, c’est afin de trouver un autre Ciel qui lui est infiniment plus cher que le premier, le Ciel de notre âme, faite à son image, le temple vivant de l’adorable Trinité !… ” ( Ms A, 48r° )

« Aigle Eternel, Tu veux me nourrir de ta divine substance, moi, pauvre petit être, qui rentrerait dans le néant si Ton divin regard ne me donnait la vie à chaque instant… Ô Jésus ! Laisse-moi dans l’excès de ma reconnaissance, laisse-moi te dire que ton amour va jusqu’à la folie. » (Ms B, p 231)

Mon Chant d’Aujourd’hui ( Poésie PN5, Strophe 8 )

Pain Vivant, Pain du Ciel, divine Eucharistie
O Mystère sacré ! que l’Amour a produit…
Viens habiter mon coeur, Jésus, ma blanche Hostie
Rien que pour aujourd’hui.

Mère Agnès de Jésus :
“ Un jour qu’elle (Thérèse, proche de sa mort) vint à la Messe et communia, je me mis à pleurer et ne pus aller aux Heures. Je la suivis dans sa cellule et je la verrai toujours, assise sur son petit banc et le dos appuyé sur la pauvre cloison de planches. Elle était exténuée et me regardait d’un air triste et si doux ! Mes larmes redoublèrent et devinant combien je la faisais souffrir, je lui en demandai pardon à genoux. Elle me répondit simplement : “ Ce n’est pas trop souffrir pour gagner une Communion !… ” ”

Soeur Marie du Sacré-Coeur :
Au Carmel sa grande souffrance fut de ne pas communier tous les jours. Elle disait, quelque temps avant sa mort, à Mère Marie de Gonzague, qui avait peur de la Communion quotidienne :
“ Ma Mère, quand je serai au Ciel, je vous ferai changer d’avis. ”
C’est ce qui arriva. Après sa mort, l’aumônier nous donna la communion tous les jours et Mère Marie de Gonzague au lieu de se révolter comme autrefois, en fut très heureuse.

Lette à Marie Guérin (LT 92, Jeudi 30 Mai 1889)

Ma petite soeur chérie

      Tu as bien fait de m’écrire, j’ai tout compris… tout, tout, tout !…
      Tu n’as pas fait l’ombre du mal, je sais si bien ce que sont ces sortes de tentations que je puis te l’assurer sans crainte, d’ailleurs Jésus me le dit au fond du coeur… Il faut mépriser toutes ces tentations, n’y faire aucune attention.
      Faut-il te confier une chose qui m’a fait beaucoup de peine ?…
      C’est que ma petite Marie a laissé ses communions… le jour de l’Ascension et le dernier jour du mois de Marie !… Oh ! que cela a fait de peine à Jésus !…
      Il faut que le démon soit bien fin pour tromper ainsi une âme!… mais ne sais-tu pas, ma chérie, que c’est là tout le but de ses désirs. Il sait bien, le perfide, qu’il ne peut faire pécher une âme qui voudrait être toute à Jésus, aussi n’essaye-t-il que de le lui faire croire. C’est déjà beaucoup pour lui de mettre le trouble dans cette âme, mais pour sa rage il faut autre chose, il veut priver Jésus d’un tabernacle aimé, ne pouvant entrer dans ce sanctuaire, il veut du moins qu’il demeure vide et sans maître !… Hélas que deviendra ce pauvre coeur?. . Quand le diable a réussi à éloigner une âme de la Ste Communion il a tout gagné… Et Jésus pleure !…
      O ma chérie, pense donc que Jésus est là dans le tabernacle exprès pour toi, pour toi seule, il brûle du désir d’entrer dans ton coeur… Va, n’écoute pas le démon, moque-toi de lui et va sans crainte recevoir le Jésus de la paix et de l’amour !…
      Mais je t’entends dire : “ Thérèse dit cela parce qu’elle ne sait pas… elle ne sait pas comme je le fais bien exprès… cela m’amuse… et puis je ne puis communier, puisque je crois faire un sacrilège, etc., etc., etc. ” Si, ta pauvre petite Thérèse sait bien, je te dis qu’elle devine tout, elle t’assure que tu peux aller sans crainte recevoir ton seul ami véritable… Elle aussi a passé par le martyre du scrupule mais Jésus lui a fait la grâce de communier quand même, alors même qu’elle croyait avoir fait de grands péchés… eh bien ! je t’assure qu’elle a reconnu que c’était le seul moyen de se débarrasser du démon, car quand il voit qu’il perd son temps il vous laisse tranquille!…
      Non, il est IMPOSSIBLE qu’un coeur “ qui ne se repose qu’à la vue du tabernacle ” offense Jésus au point de ne pouvoir le recevoir. Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au coeur c’est le manque de confiance !…
      Petite Soeur, avant de recevoir ta lettre je pressentais tes angoisses, mon coeur était uni à ton coeur, cette nuit dans mon rêve je tâchais de te consoler, mais hélas je ne pouvais y réussir !… Je ne vais pas être plus heureuse aujourd’hui à moins que Jésus et la Ste Vierge me viennent en aide; j’espère que mon désir va être réalisé et que le dernier jour de son mois, la Ste Vierge va guérir ma petite soeur chérie. Mais pour cela il faut prier, beaucoup prier, si tu pouvais mettre un cierge à Notre-Dame-des-Victoires… j’ai tant de confiance en elle ?…
      Ton coeur est fait pour aimer Jésus, pour l’aimer passionnément, prie bien afin que les plus belles années de ta vie ne se passent pas en craintes chimériques.
      Nous n’avons que les courts instants de notre vie pour aimer Jésus, le diable le sait bien, aussi tâche-t-il de la consumer en travaux inutiles…
      Petite Soeur chérie, communie souvent, bien souvent… Voilà le seul remède si tu veux guérir, Jésus n’a pas mis pour rien cet attrait dans ton âme. (Je crois qu’il serait content si tu pouvais reprendre tes Communions manquées, car alors la victoire du démon serait moins grande puisqu’il n’aurait pu réussir à éloigner Jésus de ton coeur.) Ne crains pas d’aimer trop la Ste Vierge, jamais tu ne l’aimeras assez, et Jésus sera bien content puisque la Ste Vierge est sa Mère.
      Adieu petite Soeur, pardonne mon brouillon que je ne puis même relire, le temps me manquant, embrasse pour moi tous les miens.

Sr Thérèse de l’Enfant Jésus

Jeanne d’Arc (Récréations pieuses RP 3, Scène 6)
Thérèse compose une pièce sur Jeanne d’Arc. Peu de temps avant le bûcher, Jean Massieu demande à Jeanne si elle a un dernier désir…

Oh ! oui, j’ai un désir et si vous pouviez m’obtenir la grâce que je souhaite, je vous en aurais une éternelle reconnaissance. Je voudrais avant de mourir recevoir une dernière fois la Sainte Communion… C’est Jésus caché sous les voiles de la blanche hostie qui pourra seul me donner la force de marcher à la mort… Quand je sentirai son Divin Coeur battre près du mien, il me semble que le feu de son amour me fera supporter avec courage l’ardeur du bûcher…

IV L’AMOUR N’EST PAS AIMÉ : SACRÉ COEUR ET EUCHARISTIE

Jésus mon Bien-Aimé, rappelle-toi !… (Poésie PN 24, strophes 28, 29, Octobre 1885)

Rappelle-toi que montant vers Le Père
Tu ne pouvais nous laisser orphelins
Et te faisant prisonnier sur la terre
Tu sus voiler tous tes rayons divins
Mais l’ombre de ton voile est lumineuse et pure
Pain Vivant de la foi, Céleste Nourriture
O mystère d’amour !
Mon Pain de chaque jour
Jésus, c’est Toi!…

Jésus, c’est toi qui malgré les blasphèmes
Des ennemis du Sacrement d’Amour
C’est toi qui veux montrer combien tu m’aimes
Puisqu’en mon coeur tu fixes ton séjour
O Pain de l’exilé ! Sainte et Divine Hostie
Ce n’est plus moi qui vis, mais je vis de ta vie.
Ton ciboire doré
Entre tous préféré
Jésus, c’est moi !

Lettre à Marie Guérin (LT 109, fin juillet 1890)

      Marie du Saint Sacrement !… ton nom te dit ta mission… Consoler Jésus, le faire aimer des âmes… Jésus est malade et il faut remarquer que la maladie de l’amour ne se guérit que par l’amour!… Marie, donne bien tout ton coeur à Jésus, il en a soif, il en est affamé, ton coeur, voilà ce qu’il ambitionne au point que pour l’avoir pour Lui, il consent à loger sous un réduit sale et obscur!… Ah! comment ne pas aimer un ami qui se réduit à une si extrême indigence, comment oser alléguer encore sa pauvreté quand Jésus se rend semblable à sa Fiancée… I1 était riche et il s’est fait pauvre pour unir sa pauvreté à la pauvreté de Marie du St Sacrement… Quel mystère d’amour !…

Au Sacré Coeur de Jésus (Poésie PN 23, strophe 5, 6)

Tu m’as entendue, seul Ami que j’aime
Pour ravir mon coeur, te faisant mortel
Tu versas ton sang, mystère suprême !…
Et tu vis encor pour moi sur l’Autel.
Si je ne puis voir l’éclat de ta Face,
Entendre ta voix remplie de douceur
Je puis, ô mon Dieu, vivre de ta grâce
Je puis reposer sur ton Sacré Coeur !

O Coeur de Jésus, trésor de tendresse
C’est toi mon bonheur, mon unique espoir,
Toi qui sus charmer ma tendre jeunesse
Reste auprès de moi jusqu’au dernier soir
Seigneur, à toi seul j’ai donné ma vie
Et tous mes désirs te sont bien connus
C’est en ta bonté toujours infinie
Que je veux me perdre, ô Coeur de Jésus !

V RESTER CACHÉ POUR TROUVER JÉSUS CACHÉ DANS L’EUCHARISTIE

“ Le propre de l’amour est de s’abaisser ” (Ms A, 2r°)

Vivre d’Amour !… (Poésie PN 17, strophe 3)

Vivre d’Amour, c’est vivre de ta vie,
Roi glorieux, délice des élus.
Tu vis pour moi, caché dans une hostie
Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !
A des amants, il faut la solitude
Un coeur à coeur qui dure nuit et jour
Ton seul regard fait ma béatitude
Je vis d’Amour !…

Lettre à Mère Agnès de Jésus (LT 140, 20 février 1893)

      Qu’il m’est doux de pouvoir vous donner ce nom !… Depuis longtemps déjà vous étiez ma Mère, mais c’était dans le secret du coeur que je donnais ce doux nom à celle qui était à la fois mon Ange gardien et ma Soeur ; aujourd’hui le bon Dieu vous a consacrée… vous êtes véritablement ma Mère et vous le serez pendant toute l’éternité… Oh ! que ce jour est beau pour votre enfant !… Le voile que Jésus a jeté sur cette journée la rend plus lumineuse encore à mes yeux, c’est le cachet de la face adorable, le parfum du bouquet mystérieux, qui est répandu sur vous. Sans doute il en sera toujours ainsi, “ celui dont le visage était caché ”, Celui qui est encore caché dans sa petite hostie blanche et qui ne se communique aux âmes que voilé, saura répandre sur la vie entière de l’apôtre bien-aimée de sa divine Face un voile mystérieux que Lui seul pourra pénétrer !

L’atome de Jésus-Hostie (Poésie PN19)
(Pensées de St Saint Vincent de Paul mises en vers à sa demande)

Je ne suis qu’un grain de poussière
Mais je veux fixer mon séjour
Dans les ombres du sanctuaire
Avec le Prisonnier d’Amour
Ah ! vers l’hostie mon âme aspire
Je l’aime et ne veux rien de plus
C’est le Dieu caché qui m’attire,
Je suis l’atome de Jésus…..

Je veux rester dans l’ignorance
Dans l’oubli de tout le créé
Et consoler par mon silence
L’Hôte du ciboire sacré.
Oh ! je voudrais sauver les âmes
Des pécheurs faire des élus…
D’un apôtre donnez les flammes
A votre atome, doux Jésus !…

Si je suis méprisée du monde,
S’il me regarde comme un rien,
Une paix divine m’inonde
Car j’ai l’hostie pour mon soutien,
Quand je m’approche du ciboire
Tous mes soupirs sont entendus…
Être un néant, voilà ma gloire,
Je suis l’atome de Jésus…

Parfois lorsque le Ciel est sombre
L’atome ne pouvant voler
Il aime se cachant dans l’ombre
A la porte d’or s’attacher,
Alors la Divine lumière
Qui réjouit tous les élus
Vient réchauffer sur cette terre
Le pauvre atome de Jésus…

Sous les chauds rayons de la grâce
L’atome devient scintillant
Quand la légère brise passe
I1 se balance doucement…
Oh ! quel ineffable délice
Quels bienfaits n’a-t-il pas reçus…
Jusqu’auprès de l’hostie se glisse
Le pauvre atome de Jésus…

Se consumant près de l’hostie
Dans le tabernacle d’amour
Ainsi s’écoulera ma vie
En attendant le dernier jour
Quand l’épreuve sera finie
Volant au séjour des élus
L’Atome de l’Eucharistie
Brillera près de son Jésus !…..

Mes Désirs auprès de Jésus caché dans sa Prison d’Amour (Poésie PN 25, Automne 1895)

Petite Clef, oh je t’envie !
Car tu peux ouvrir chaque jour
La prison de l’Eucharistie
Où réside le Dieu d’Amour.
Mais je puis, ô quel doux miracle !
Par un seul effort de ma foi
Ouvrir aussi le tabernacle
M’y cacher près du Divin Roi…

Je voudrais dans le sanctuaire
Me consumant près de mon Dieu
Toujours briller avec mystère
Comme la Lampe du Saint Lieu….
Oh ! bonheur… en moi j’ai des flammes
Et je puis gagner chaque jour
A Jésus un grand nombre d’âmes
Les embrasant de son amour…

A chaque aurore, je t’envie,
O Pierre Sacrée de l’Autel !
Comme dans l’étable bénie
Sur toi veut naître l’Éternel…
Ah ! daigne exaucer ma prière
Viens en mon âme, Doux Sauveur…
Bien loin d’être une froide pierre
Elle est le soupir de ton Coeur !…

O Corporal entouré d’anges !
Qu’il est enviable ton sort
Sur toi comme en ses humbles langes
Je vois Jésus mon seul trésor
Change mon coeur, Vierge Marie
En un Corporal pur et beau
Pour recevoir la blanche hostie,
Ou se cache ton Doux Agneau.

Sainte Patène, je t’envie
Sur toi Jésus vient reposer
Oh ! que sa grandeur infinie
Jusqu’à moi daigne s’abaisser…
Jésus comblant mon espérance
De ma vie n’attend pas le soir
Il vient en moi ; par sa présence
Je suis un vivant Ostensoir !…

Oh ! que j’envie l’heureux Calice
Où j’adore le Sang divin….
Mais je puis au Saint Sacrifice
Le recueillir chaque matin.
Mon âme à Jésus est plus chère
Que les précieux Vases d’or
L’Autel est un nouveau Calvaire
Où pour moi son Sang coule encor…

Jésus, Vigne sainte et sacrée,
Tu le sais, O mon Divin Roi
Je suis une grappe dorée
Qui doit disparaître pour toi…
Sous le pressoir de la souffrance
Je te prouverai mon amour
Je ne veux d’autre jouissance
Que de m’immoler chaque jour.

Ah ! quelle joie, je suis choisie
Parmi les grains de pur Froment
Qui pour Jésus perdent la vie…
Bien grand est mon ravissement !…
Je suis ton épouse chérie,
Mon Bien-Aimé, viens vivre en moi
Oh ! viens, ta beauté m’a ravie
Daigne me transformer en Toi !.. .

VI MON CIEL EST SOUS LE SOLEIL DE JÉSUS

Mon Ciel à Moi (Poésie PN 32, strophe 3)

Mon Ciel, il est caché dans la petite Hostie
Oh Jésus, mon Époux, se voile par amour
A ce Foyer Divin je vais puiser la vie
Et là mon Doux Sauveur m’écoute nuit et jour
“ Oh ! quel heureux instant lorsque dans ta tendresse
“ Tu viens, mon Bien-Aimé, me transformer en toi
“ Cette union d’amour, cette ineffable ivresse
Voilà mon Ciel à moi !…

Cantique d’une âme ayant trouvé le lieu de son repos !… (Poésie PN 21, strophe 3)

O Jésus ! en ce jour, tu combles tous mes voeux
Je pourrai désormais, près de l’Eucharistie
M’immoler en silence, attendre en paix les Cieux.
M’exposant aux rayons de la Divine Hostie
A ce foyer d’amour, je me consumerai
Et comme un séraphin, Seigneur, je t’aimerai.

Début de la lettre à soeur Marie de Saint-Joseph (LT 205, Décembre 1896)

Que c’est vilain de passer son temps à se morfondre, au lieu de s’endormir sur le Coeur de Jésus…

L’Abandon est le fruit délicieux de l’Amour (Poésie PN 52, Strophes 11 et 12, mai 1897)

Mon doux Soleil de vie
O mon Aimable Roi
C’est ta Divine Hostie
Petite comme moi….

De sa Céleste Flamme
Le lumineux rayon
Fait naître dans mon âme
Le parfait Abandon.

Thérèse s’endormait souvent à l’église, devant Jésus. Culpabilité ? Tristesse ? Violence contre soi ? Il n’en est rien : « Je devais me désoler de dormir pendant mes oraisons et mes actions de grâces ; eh bien, je ne me désole pas… Je pense que les petits enfants plaisent autant à leurs parents lorsqu’ils dorment que lorsqu’ils sont éveillés, je pense que pour faire des opérations les médecins endorment leurs malades. Enfin je pense que le Seigneur voit notre fragilité, qu’Il se souvient que nous ne sommes que poussière. » (Ms B, 75 v°-76 r°)

VII PRIÈRES DIVERSES

“ Pour moi, la prière, c’est un élan du coeur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. ” (Ms C, 24v°)

Prière à Jésus au tabernacle (Pri 7, 16 juillet 1895)

Jésus

      Ô Dieu caché dans la prison du tabernacle ! c’est avec bonheur que je reviens près de vous chaque soir, afin de vous remercier des grâces que vous m’avez accordées et d’implorer mon pardon pour les fautes que j’ai commises pendant la journée qui vient de s’écouler comme un songe….

      Ô Jésus ! que je serais heureuse si j’avais été bien fidèle, mais hélas ! souvent le soir je suis triste car je sens que j’aurais pu mieux répondre à vos grâces…. Si j’étais plus unie à Vous, plus charitable avec mes soeurs, plus humble et plus mortifiée, j’aurais moins de peine à m’entretenir avec vous dans l’oraison. Cependant, ô mon Dieu ! bien loin de me décourager par la vue de mes misères, je viens à vous avec confiance, me souvenant que : “ Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. ” Je vous supplie donc de me guérir, de me pardonner, et moi je me souviendrai, Seigneur, “ que l’âme à laquelle vous avez remis davantage, doit aussi vous aimer plus que les autres !… ” Je vous offre tous les battements de mon coeur comme autant d’actes d’amour et de réparation et je les unis à vos mérites infinis. Je vous supplie, ô mon Divin Époux, d’être vous-même le Réparateur de mon âme, d’agir en moi sans tenir compte de mes résistances, enfin je ne veux plus avoir d’autre volonté que la vôtre ; et demain, avec le secours de votre grâce, je recommencerai une nouvelle vie dont chaque instant sera un acte d’amour et de renoncement.

      Après être ainsi venue chaque soir au pied de votre Autel, j’arriverai enfin au dernier soir de ma vie, alors commencera pour moi le jour sans couchant de l’éternité où je me reposerai sur votre Divin Coeur des luttes de l’exil !…
Ainsi soit-il.

Prière pour obtenir l’humilité (Pri 20, paragraphe 2 et 3 , 16 juillet 1897)

      Je veux m’abaisser humblement et soumettre ma volonté à celle de mes soeurs, ne les contredisant en rien et sans rechercher si elles ont, oui ou non, le droit de me commander. Personne, ô mon Bien-Aimé, n’avait ce droit envers vous et cependant vous avez obéi non seulement à la Ste Vierge et à St Joseph, mais encore à vos bourreaux. Maintenant c’est dans l’Hostie que je vous vois mettre le comble à vos anéantissements. Quelle n’est pas votre humilité ô divin Roi de Gloire, de vous soumettre à tous vos prêtres sans faire aucune distinction entre ceux qui vous aiment et ce qui sont, hélas ! tièdes ou froids dans votre service… A leur appel vous descendez du ciel, ils peuvent avancer, retarder l’heure du St Sacrifice, toujours vous êtes prêt…

      Ô mon Bien-Aimé, sous le voile de la blanche Hostie que vous m’apparaissez doux et humble de coeur ! Pour m’enseigner l’humilité vous ne pouvez vous abaisser davantage, aussi je veux, afin de répondre à votre amour, désirer que mes soeurs me mettent toujours à la dernière place et bien me persuader que cette place est la mienne.

      “ Ô Jésus, doux et humble de coeur, rendez mon coeur semblable au vôtre ! ”

Une petite Hostie (Réactions pieuses RP5, 10)

Jésus, le Bel Enfant Divin,
Pour vous communiquer sa vie
Transforme en Lui chaque matin
Une petite et blanche Hostie.
Avec bien plus d’amour encor
Il veut vous changer en Lui-même
Votre coeur est son cher trésor
Son bonheur et sa joie suprême.
      Noël, Noël
      Je descends du Ciel
Pour dire à votre âme ravie
      L’Agneau si Doux
      S’abaisse vers vous
Soyez sa blanche et pure Hostie.

Poésie supplémentaire (PS8)

Toi qui connais ma petitesse extrême
Tu ne crains pas de t’abaisser vers moi !
Viens en mon coeur, ô blanche Hostie que j’aime
Viens en mon coeur, il aspire vers toi !
Ah ! je voudrais que ta bonté me laisse
Mourir d’amour après cette faveur.
Jésus ! entends le cri de ma tendresse.
Viens en mon coeur !

Pourquoi je t’aime, ô Marie (Poésie PN 54, strophe 5, Mai 1897)

O Mère bien-aimée, malgré ma petitesse
Comme toi je possède en moi Le Tout-Puissant
Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse :
Le trésor de la mère appartient à l’enfant
Et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie
Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi ?
Aussi lorsqu’en mon coeur descend la blanche Hostie
Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi !…

« Lorsque vous ne recevez pas la communion à la Messe que vous entendez, communiez spirituellement, c’est là une méthode très avantageuse […]; vous imprimerez ainsi en vous un amour profond pour notre Seigneur ». (S. Thérèse de Jésus, Le chemin de la perfection, ch. 37: Oeuvres complètes, Paris (1948), p. 766.)



Adoration Eucharistique – Jean-Paul II

Adoration eucharistique

La contemplation du Christ présent

3. Hors de la célébration eucharistique, l’Église prend soin de vénérer la sainte réserve, qui doit être « gardée […] comme centre spirituel de la communauté religieuse et paroissiale » (Paul VI, Mysterium fidei, 68). La contemplation prolonge la communion et permet de rencontrer durablement le Christ, vrai Dieu et vrai homme, de se laisser regarder par lui et de faire l’expérience de sa présence. Quand nous Le contemplons présent au Saint-Sacrement de l’autel, le Christ se fait proche de nous et plus intime à nous-mêmes ; il nous donne part à sa vie divine dans une union transformante et, par l’Esprit, il nous ouvre l’accès au Père, comme il le disait lui-même à Philippe : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). La contemplation, qui est aussi une communion de désir, nous associe intimement au Christ et elle associe de manière toute spéciale ceux qui sont empêchés de le recevoir.

En demeurant silencieusement devant le Saint Sacrement, c’est le Christ, totalement et réellement présent, que nous découvrons, que nous adorons et avec lequel nous sommes en relation. Ce n’est cependant pas par les sens que nous Le percevons et que nous sommes proches de Lui. Sous les espèces du pain et du vin, c’est la foi et l’amour qui nous conduisent à reconnaître le Seigneur, Lui qui nous communique pleinement « les bienfaits de cette rédemption qu’il a accomplie, Lui, le Maître, le Bon Pasteur, le Médiateur le plus agréable au Père » (Léon XIII, Mirae caritatis). Comme le rappelle le Livre de la foi des évêques de Belgique, la prière d’adoration en présence du Saint-Sacrement unit les fidèles « au mystère pascal ; elle les fait communier au sacrifice du Christ dont l’Eucharistie est le « sacrement permanent » ».

4. En honorant le Saint-Sacrement, c’est aussi une profonde action de grâce que nous faisons monter vers le Père, car en son Fils il a visité et racheté son peuple. Par le sacrifice de la Croix, Jésus a donné la vie au monde et il a fait de nous des fils adoptifs, à son image, établissant des relations d’une intimité particulière qui nous permettent d’appeler Dieu de ce beau nom de Père. Comme nous le rappelle l’Écriture, Jésus passait des nuits à prier, en particulier dans les moments où il avait des choix importants à réaliser. Dans la prière, par un geste de confiance filiale, imitant son Maître et Seigneur, le chrétien ouvre son coeur et ses mains pour recevoir le don de Dieu et pour le remercier de ses bienfaits, offerts gratuitement.

Une prière aux dimensions du monde

5. Il est précieux de s’entretenir avec le Christ et, penchés sur la poitrine de Jésus, comme le disciple bien-aimé, nous pouvons être touchés par l’amour infini de son Coeur. Nous apprenons à connaître plus profondément celui qui s’est donné totalement, dans les différents mystères de sa vie divine et humaine, pour devenir disciples et pour entrer, à notre tour, dans ce grand mouvement de don, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. « Suivre le Christ ne peut pas être une imitation extérieure, parce que cela concerne l’homme dans son intériorité profonde » (Veritatis splendor, 21). Nous sommes appelés à nous mettre à son école, pour être peu à peu configurés à Lui, pour laisser l’Esprit agir en nous et pour réaliser la mission qui nous est confiée. En particulier, l’amour du Christ nous pousse à travailler sans cesse pour l’unité de son Église, pour l’annonce de l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre et pour le service des hommes. « Nous ne formons qu’un seul Corps, car nous avons tous part à ce pain unique » (1 Co 10, 17) : telle est la Bonne Nouvelle qui réjouit le coeur de l’homme et lui montre qu’il est appelé à prendre part à la vie bienheureuse avec Dieu. Le mystère eucharistique est la source, le centre et le sommet de l’activité spirituelle et caritative de l’Église (cf. Presbyterorum Ordinis, 6).

La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le coeur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur. Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde et à la germination de l’Évangile.
Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève vers Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne Le connaissent pas ou ceux qui sont loin de Lui ; ils veillent devant Lui, en leur nom.

Toute vie intérieure a besoin de silence et d’intimité avec le Christ

7. « Les fidèles, lorsqu’ils adorent le Christ présent dans le Saint-Sacrement, doivent se rappeler que cette présence dérive du Sacrifice et tend à la communion tout à la fois sacramentelle et spirituelle » (Congrégation des Rites, Instruction sur le culte de l’Eucharistie, 50). J’encourage donc les chrétiens à rendre visite régulièrement au Christ présent dans le Saint-Sacrement de l’autel, car nous sommes tous appelés à demeurer de manière permanente en présence de Dieu, grâce à Celui qui reste avec nous jusqu’à la fin des temps. Dans la contemplation, les chrétiens percevront avec une plus grande profondeur que le mystère pascal est au coeur de toute vie chrétienne. Cette démarche les entraîne à s’unir plus intensément au mystère pascal et à faire du sacrifice eucharistique, don parfait, le centre de leur vie, selon leur vocation spécifique, car il « confère au peuple chrétien une dignité incomparable » (Paul VI, Mysterium fidei, 67). En effet, au cours de l’Eucharistie, nous sommes accueillis par le Christ, nous recevons son pardon, nous sommes nourris de sa parole et de son pain, nous sommes ensuite envoyés en mission dans le monde ; ainsi, chacun est appelé à témoigner de ce qu’il a reçu et à faire de même avec ses frères. Les fidèles affermissent leur espérance en découvrant que, avec le Christ, la souffrance et la détresse peuvent être transfigurés car, avec Lui, nous sommes déjà passés de la mort à la vie. De ce fait, lorsqu’ils offrent au Maître de l’histoire leur propre vie, leur travail et toute la création, leurs journées en sont illuminées.

Jean-Paul II Lettre à Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège,
à l’occasion du 750e anniversaire de la « Fête-Dieu » (28 mai 1996)
Extraits. Docum. Cath. n° 2142 21 juillet 1996



L’aliment eucharistique – Hernando De Talavera

      Ce précieux aliment nourrit, fortifie, guérit non seulement le corps mais aussi l’âme. Il la maintient dans l’état de grâce et de force qu’elle a reçu au baptême, la faisant grandir de vertu en vertu, de grâce en grâce. Il l’embrase et lui donne l’énergie d’entreprendre de grandes oeuvres, difficiles et pénibles, faisant grandir sa dévotion et son amour pour notre Seigneur, avec une grande consolation. Il nous faut chaque jour faire mémoire et louer tout spécialement le corps très saint de notre Seigneur Jésus Christ, par lequel il nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour nous et dans lequel nous goûtons la tendresse qu’il a pour nous, à sa source même, y trouvant aide et remède. Ô mémorial inoubliable dans laquelle notre mort est morte.

Hernando De Talavera (+1507), archevêque de Grenade



Adorer le Corps du Christ – Benoît XVI


Adorer le Corps du Christ veut dire croire qu’en lui,
dans ce morceau de pain, il y a réellement le Christ,
qui donne un vrai sens à la vie, à l’immense univers et
à la créature la plus petite, à toute l’histoire humaine
comme à la plus brève existence.

L’adoration est prière qui prolonge la célébration et
la communion eucharistique et dans laquelle
l’âme continue à se nourrir: à se nourrir d’espérance,
parce que Celui devant lequel nous nous prosternons
ne nous juge pas, ne nous écrase pas,
mais nous libère et nous transforme.

Pape Benoît XVI



Prier devant le St Sacrement

Prier devant le St Sacrement

Le vrai culte eucharistique est la célébration de la Messe. Jésus se rend présent dans l’Eucharistie pour que son sacrifice puisse être offert en sacrement, pour que son Corps et son Sang soient notre nourriture, et pour que nous devenions ainsi son Corps qui est l’Église. En même temps, nous sommes invités à prier devant le Saint Sacrement en dehors de la Messe. Pourquoi cette prière ? Qu’est cette prière ?

Cette prière est prière de présence au Christ présent

Dieu peut être prié partout. Il n’est lié à aucun lieu. En même temps il a voulu se rendre présent suprêmement en notre monde par la personne de son Fils, Jésus Christ mort et ressuscité, qui est son Temple véritable et définitif (Jn 1, 14; 2,18-22). Or l’Eucharistie est le sacrement par excellence de la présence du Christ Seigneur. En le priant dans l’Eucharistie, nous prions le Seigneur plus grand que le monde, et qui de ce fait peut faire des réalités du monde que sont le pain et le vin le sacrement de son
offrande à Dieu et de son don à l’Église et à chacun de nous. En nous rendant présents à lui, nous nous rendons présents au Père avec Lui et par Lui qui en est le Temple et l’Orant parfait. « Tu es là, Seigneur, et moi, en réponse, je suis là ».

Cette prière est un acte de foi

Le Christ, déjà durant sa vie terrestre et dans ses apparitions de ressuscité, ne pouvait être reconnu pour ce qu’il est que par la foi. La foi est la démarche qui permet de reconnaître le Christ en ce qui le cache. C’est par la foi que nous le reconnaissons dans son Évangile, dans les sacrements, dans l’Église, dans les autres hommes, et bien sûr dans l’Eucharistie. Celle-ci est le grand « Mystère de la foi », le Mystère où est contenue toute la foi, puisque toute la foi se résume dans le Christ mort, ressuscité, retourné au Père, et devant venir dans la gloire. Prier devant l’Eucharistie, c’est faire un acte de foi en Jésus, le Fils Unique de Dieu, le Sauveur, le Seigneur, la Tête de l’Église, la Source de la Vie éternelle. « Je crois en Toi, Seigneur. Je crois en la Vérité que tu es et que tu nous révèles. Augmente ma foi. Augmente notre foi. Que je sache te reconnaître dans l’humilité du Pain consacré ».

Cette prière est adoration

Une crainte habite certains. Prier devant l’Eucharistie, ne serait-ce pas de l’idolâtrie ? Ce le serait pour qui considérerait l’Eucharistie comme une chose et sa contemplation comme la contemplation d’un peu de pain. Mais le pain consacré est sacrement. C’est dire que l’Eucharistie n’est pas une chose, ni un objet si précieux soit-il. Elle est le Christ mort et ressuscité, le Christ Seigneur, le Christ en acte d’offrande à Dieu, attirant les hommes vers la plénitude du Royaume où Dieu sera « Tout en tous » (1 Co 15, 28). L’idolâtrie est l’essai constant de l’homme d’asservir Dieu à ses intérêts, de le plier à sa propre puissance, de l’enfermer dans son temps transitoire. L’Eucharistie, qui est accomplie par la puissance de l’Esprit Saint et qui est la présence du Christ Seigneur, échappe à nos prises. Nous ne pouvons la prier qu’en venant nous-mêmes accueillir le don qui nous dépasse, en nous donnant nous-mêmes et en nous laissant attirer vers le Royaume. La prière devant le Saint Sacrement est le modèle de l’attitude de l’homme qui reconnaît Dieu pour ce qu’il est, à savoir Celui que nous servons sans pouvoir l’asservir, qui se donne sans jamais être possédé, qui se fait nourriture non pour être transformé en nous mais pour nous transformer en lui. C’est pourquoi nous l’adorons. Nous le reconnaissons grand de la grandeur de Dieu, une grandeur qui n’écrase pas, mais que rien ne peut égaler, que nous reconnaissons avec joie, devant laquelle nous nous reconnaissons petits sans être humilités ni rabaissés, parce qu’elle est une grandeur qui nous grandit nous-mêmes. « Seigneur, je t’adore. Je te rends grâce d’être grand et de m’unir à ta grandeur ».

Cette prière est un acte d’espérance

Le Christ ressuscité présent dans l’Eucharistie est la présence du Royaume de Dieu venu et à venir, le germe du monde nouveau, le pain de la Vie éternelle, la semence d’immortalité et de résurrection, le vainqueur du péché et la mort. C’est pourquoi il est si important que les malades et les mourants puissent communier. Prier devant l’Eucharistie, c’est nous ouvrir à l’espérance chrétienne pour nous et pour le monde. Ceux qui prient devant le Saint Sacrement font advenir la force de l’espérance en eux et dans les autres. Ils maintiennent allumée la flamme de l’espérance. Ils sont des veilleurs dans la nuit du monde. « Seigneur, nous espérons en toi. Fais grandir l’espérance de la résurrection et du monde nouveau en nous et dans les autres ».

Mgr Raymond Bouchex, Archevêque émérite d’Avignon
dans son livre : Il est grand le Mystère de la Foi, vivre l’Eucharistie,
paru aux Éditions Parole et Silence, 2004, p. 70-78.



Fuir les idoles – Benoît XVI

      La messe est le sacrifice d’action de grâce par excellence, celui qui nous permet d’unir notre propre action de grâce à celle du sauveur, le Fils éternel du Père. En elle-même, la messe nous invite aussi à fuir les idoles. La messe nous invite à discerner ce qui, en nous, obéit à l’Esprit de Dieu et ce qui, en nous, reste à l’écoute de l’esprit du mal.

      Dans la messe, nous ne voulons appartenir qu’au Christ et nous reprenons avec gratitude le cri du psalmiste: Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait? (Ps 11, 12).

      Oui, comment rendre grâce au Seigneur pour la vie qu’il nous a donnée? Là encore, la réponse à la question du psalmiste se trouve dans le psaume lui-même, car la parole de Dieu répond miséricordieusement elle-même aux questions qu’elle pose. Comment rendre grâce au Seigneur pour tout le bien qu’il nous fait sinon en se conformant à ses propres paroles: J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Ps 115, 13) ?

      Élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n’est-ce pas précisément le meilleur moyen de « fuir les idoles »? Célébrer l’eucharistie signifie reconnaître que Dieu seul est en mesure de nous offrir le bonheur en plénitude, de nous enseigner les vraies valeurs, les valeurs éternelles qui ne connaîtront jamais de couchant.

Benoît XVI – Pape



Procession de la Fête-Dieu

Procession de la Fête-Dieu à Gomelange
célébrée par le Père Robert Gurtner

      Procession de la Fête-Dieu à Gomelange; Communauté de paroisses St Wendlin au pays de Nied.

      C’est sous un beau soleil que le Père Robert Gurtner dont c’était le 18è anniversaire de son ordination a célébré cette procession. Prières et chants ont résonné tout au long du parcours. Après la procession, le Père Robert Gurtner explique le sens que revêt cette démarche.



Le Christ nous rachète par sa chair qu’il donne dans l’eucharistie* – St Irénée de Lyon

Le Christ nous rachète par sa chair qu’il donne dans l’eucharistie*

(* Adversus hareses, V, 2, P. G.? 7, 1123-1128)

1. Vains aussi, les gens qui prétendent que le Christ est venu dans une chair qui n’était pas la nôtre (Les gnostiques distinguaient divers Christs, entre Dieu et les hommes.), comme si, jaloux de l’œuvre d’autrui, il voulait montrer l’homme dont un autre était l’auteur, à ce Dieu qui n’avait rien créé, mais s’était vu, depuis le commencement, retirer le pouvoir de créer des hommes. Sa venue parmi nous est inutile, si, comme ils le croient, il s’est incarné dans une nature différente de la nôtre. Il ne nous a pas non plus véritablement rachetés de son sang, s’il ne s’est point fait véritablement homme, et ne nous a refaits de sa propre substance, puisque, nous l’avons rappelé tout à l’heure, l’homme a été créé à l’image et ressemblance de Dieu; et si enfin, au lieu de chercher à ravir le bien d’autrui, il n’a assumé sa propre créature, dans la justice et la miséricorde. Je dis justice car il fallait le prix de son sang pour racheter des créatures qui l’avaient abandonné. Je dis miséricorde quand je songe à nous-mêmes qui avons été rachetés. Car nous ne lui avions rien donné auparavant et il ne nous demande rien à la façon d’un pauvre; mais c’est nous qui avions besoin de communiquer à lui et voilà pourquoi il s’est épanché parmi nous afin de nous réunir dans le sein de son Père.

2. Insensés aussi, les gens qui méprisent l’économie de Dieu à l’égard du monde, nient le salut de la chair, raillent la nouvelle naissance, et l’estiment incapable d’accéder à l’incorruptibilité. La chair ne peut-elle se sauver? Le Seigneur ne nous a donc pas rachetés de son sang; la coupe de l’eucharistie ne nous fait pas participer à son sang, ni le pain que nous rompons à son corps. Car il n’est pas de sang qui ne provienne des veines, de la chair, de la substance même de l’homme, que le Verbe de Dieu a véritablement assumée. Il nous a rachetés de son sang, l’apôtre lui aussi en témoigne: « En lui nous avons la rédemption, par son sang, et le pardon des péchés. » (Colossiens, 1, 14.)

Nous sommes ses membres, et sa création nous nourrit. C’est lui qui nous la donne, en levant son soleil, en faisant tomber sa pluie, à son gré. Cette coupe qui vient de sa création, il déclare qu’elle est son propre sang, dont s’imprègne notre sang; et ce pain, qui es lui aussi de sa création, il affirme qu’il est son corps, qui donne naissance à nos propres corps.

3. Quand le calice coupé d’eau et le pain reçoivent la parole de Dieu, quand l’eucharistie devient le corps du Christ et que notre propre nature tire de ce changement sa force et sa consistance, les hérétiques osent affirmer que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu, c’est-à-dire la vie éternelle, quoiqu’elle soit nourrie du corps et du sang de notre Seigneur, et qu’elle soit désormais devenue une part de lui-même. Comme l’écrit le bienheureux Paul aux Éphésiens: Nous sommes les membres de son corps, de sa chair, et de ses os (Éphésiens, 5, 30.). Il ne fait point allusion ici à un homme spirituel et invisible. Car l’Esprit n’a ni os ni chair (Luc, 24, 39.). Il parle du corps de l’homme réel, composé de chair,de nerfs et d’os, et qui se nourrit de la coupe, sang du Christ, et se fortifie du pain, corps du Christ. Comme le cep, planté en terre, se charge de fruits en son temps; comme le grain de blé, enfoui dans le sol, s’y dessèche puis lève, multiplié par l’esprit de Dieu qui tient tout ensemble – mis par la sagesse de Dieu à la disposition de l’homme, ils reçoivent la parole de Dieu et deviennent l’eucharistie, le corps et le sang du Christ, – ainsi nos corps, nourris par elle, et ensevelis dans la terre, s’y dissolvent, mais ils ressusciteront en leur temps, par la parole de Dieu, pour la gloire de Dieu le Père, qui dispense au mortel l’immortalité, et donnera gratuitement l’incorruptibilité à son corps corruptible: la puissance de Dieu s’accomplit dans notre faiblesse.

Nous ne détenons pas la vie en nous-mêmes; ne nous enflons donc pas et ne nous dressons pas contre Dieu d’un cœur ingrat. Sachons d’expérience que sa longanimité seule, et non notre nature, nous procurera le séjour éternel; ne nous privons pas de la gloire qui enveloppe Dieu, tel qu’il est; ne nous trompons pas sur notre nature. Voyons ce qui est dans le pouvoir de Dieu et de quel bienfait il comble l’homme. Ne faisons point d’erreur sur la véritable nature des choses, je veux dire sur Dieu et sur l’homme. Dieu n’a-t-il pas, comme je l’ai déjà dit, toléré que nous nous dissolvions en la terre, afin qu’instruits en toutes choses, nous devenions soucieux de toute vérité, et ne soyons plus igorants ni de lui ni de nous-mêmes?

St Irénée de Lyon (+ vers 202)