Sans crainte – Ste. Thérèse d’Avila

      Il ne faut ni toujours abandonner l’oraison quand l’esprit est livré aux distractions et aux troubles, ni tourmenter l’âme en lui demandant l’impossible. Au reste, il est des oeuvres extérieures, des actions de charité, des lectures, auxquelles on peut s’appliquer. En vérité, il y aura des moments où l’âme s’en trouvera également incapable. Alors qu’elle serve le corps pour l’amour de Dieu, afin qu’en d’autres occasions le corps la serve à son tour. L’expérience, qui nous apprend ce qui nous convient, est d’un précieux secours en toutes choses. Il y a bien des manières de servir Dieu. Son joug est aisé, et c’est un grand point de ne pas traîner l’âme comme par force, mais de la conduire avec douceur pour son plus grand bien. Ainsi je le répète, il n’y a pas d’inconvénient à le redire souvent, tant la chose est importante, que nul ne se tourmente ni ne s’afflige, soit des sécheresses, soit des inquiétudes, soit de l’égarement des pensées. S’il veut acquérir la liberté d’esprit et ne pas vivre dans un chagrin continuel, qu’il commence à ne point s’épouvanter de la croix. Il verra comment notre Seigneur l’aidera à la porter, quelle heureuse vie il mènera et quel profit il tirera de tout.

Ste Thérèse d’Avila (+1582), docteur de l’Église

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