"Voici pourquoi a paru le Fils de Dieu, c'est pour détruire les oeuvres du diable" 1 Jean 3, 8.

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Textes pour la méditation

Psaume 63 et commentaire
Paul Claudel
Saint Maximilien-Marie Kolbe
Aimer Dieu - St Bernard de Clairveaux
Cyprien de Carthage: Que ta volonté soit faite!
Pensées de Saint François de Sales:
      - patience
      - persévérence
      - a chaque jour suffit sa peine
      - vraies et fausses croix
      - obligé de souffrir?
      - la sainteté...
      - qu'il est difficile d'être chrétien
      - et Satan, pour finir?
Marthe Robin : La prière...
Sr Emmanuelle Billoteau
Clément de Rome: Jeûne, aumône, prière. Un seul mot les résume tous : l'amour

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Psaume 63 et commentaire


PSAUME 63
Antienne: Mon âme a soif de Toi, Toi que je cherche dès l'aube
Dieu, Tu es mon Dieu, je Te cherche dès l'aube
mon âme a soif de Toi
après Toi languit ma chair
terre aride, altérée et sans eau
Je T'ai contemplé au Sanctuaire
j'ai vu Ta force et Ta gloire
Ton Amour vaut mieux que la vie
Tu seras la louange de mes lèvres!
Toute ma vie je vais Te bénir!
Lever les mains en invoquant Ton Nom!
Comme par un festin je serai rassasié
la joie sur les lèvres je dirai Ta louange!
Dans la nuit je me souviens de Toi
et je reste des heures à Te parler...

Oui, Tu es venu à mon secours!
je crie de joie à l'ombre de Tes ailes!
Mon âme s'attache à Toi
Ta main droite me soutient
Rendons Gloire au Père tout puissant...


Commentaire: « Dieu, toi mon Dieu, je te cherche dès l'aurore »: ainsi débute, dans la traduction liturgique, ce psaume bien connu qui, dans l'Office divin, ouvre à chaque dimanche la prière du matin. Un psaume qui exprime de façon unique le désir de Dieu.

Il est facile d'y reconnaître deux parties. La première section du psaume que nous reproduisons ici (versets 2-9) est toute formulée en je-tu, où le croyant s'adresse à Dieu et fait part de sa relation à lui. Cette première partie, de loin la plus développée et la plus inspirante, comprend trois strophes reconnaissables au langage distinct qui caractérise chacune: le langage du désir (vv. 2-3), de la louange (vv. 4-6) et de la confiance (vv. 7-9).

« Mon âme a soif de toi »: le désir de Dieu
Cette première strophe est toute dominée par le langage de la soif et du désir. En l'espace d'un seul verset (v. 2), les expressions en ce sens s'enchaînent l'une à l'autre, traduisant une quête de Dieu d'une extrême intensité: « je te cherche », « mon âme a soif de toi », « ma chair languit après toi ». Dans l'image de la terre desséchée, à laquelle le priant se compare ensuite, il faut donc voir, non pas le symbole d'une sécheresse spirituelle, mais d'une soif ardente de Dieu. Si l'on veut, l'accent ne porte pas sur le fait que la terre est desséchée, mais sur le fait qu'elle aspire après l'eau. Ce croyant, en effet, ne se plaint pas, comme dans d'autres psaumes, de l'absence ou du silence de Dieu ou d'une relation à lui qui serait pour ainsi dire tombée en panne. Au contraire, comme en témoignera la suite, la relation qu'il expérimente est bien vivante, toute remplie de louange et de confiance, mais elle n'en reste pas moins marquée au coin du désir, traversée par une constante aspiration à la rencontre.

Cette rencontre de Dieu, comme le laisse entendre au verset 3 le verbe au passé, le priant, un jour qu'il est venu au Temple, en a fait une expérience privilégiée. Celle-ci paraît l'avoir marqué et elle a mis en son coeur la soif inextinguible qu'il ressent.

« Je veux te bénir en ma vie »: la louange de Dieu
Voici qu'à partir du verset 4, le langage du désir fait place à celui de la bénédiction et de la louange: « mes lèvres diront ton éloge », « je veux te bénir », « élever les mains », « lèvres jubilantes », « louange en ma bouche ». Après la soif incessante, la louange incessante.

Dans cette louange, le croyant trouve son bonheur. Lui qui, dans la strophe précédente, évoquait une soif jamais étanchée, le voilà qui parle maintenant d'une faim, mais cette fois d'une faim comblée et rassasiée par des mets de choix (v. 6). Et qu'est-ce donc qui lui inspire une telle louange? Rien d'autre que la certitude de la héséd, c'est-à-dire de l'amour fidèle et sûr, de son Dieu. Cette valeur-là l'emporte pour lui sur toutes les autres, à commencer par le don de la vie lui-même (v. 4).

« Je me blottis contre toi »: l'abandon à Dieu
Nous voici à la strophe III (vv. 7-9) où prédomine maintenant le langage de la confiance : « mon secours », « à l'ombre de tes ailes », « se presse contre toi », « me sert de soutien ».

Si d'aventure la nuit le trouve éveillé, le priant du psaume se tourne encore vers son Dieu. À défaut de lui offrir une louange bien nette et articulée comme celle qui fait sa joie chaque jour, il se prend alors à méditer, à « murmurer » pour Dieu. Et le motif qu'il fait maintenant valoir est celui du secours qu'il a reçu de lui, la certitude de se savoir sous sa protection, blotti contre lui dans une absolue confiance comme un poussin sous les ailes de sa mère. À moins que cette image ne lui soit inspirée par les ailes des chérubins déployées au-dessus de l'arche, symbole de Yahvé, et qu'à travers elle il ne fasse de nouveau écho à l'expérience qu'il a vécue au Temple et qu'il évoquait au v. 3. Mais il est sans doute plus simple de retrouver ici, comme dans d'autres psaumes, le symbolisme de l'oiseau protecteur : « Et lui te dérobe au filet de l'oiseleur qui cherche à détruire; lui te couvre de ses ailes, tu trouveras sous son pennage un refuge » (Psaume 91,3-4). Quoi qu'il en soit, l'idée est claire: le croyant peut compter sur Dieu et s'abandonner à lui; sa foi est pour lui source de joie et de sécurité.


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Paul Claudel


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"Faut-il croire qu'aux derniers âges du monde, également, est réservée une naïve stratégie de ce genre et que, puisque les établissements d'instruction aujourd'hui sortent des modèles si parfaitement cuirassés, ajustés, peints, garantis contre toutes les entreprises de la Providence, faut-il croire que la grâce va travailler sur nous à l'imitation de ces radiations occultes que nous révèlent la T.S.F. et l'uranium? Puisqu'on nous a fermés à bloc, puisque la lumière ne peut plus atteindre ce qu'il y avait en nous de lumineux, puisque l'haleine de Dieu ne peut plus passer jusqu'à nos poumons et façonner notre intelligence, notre nuit du moins est accessible à la nuit, et, comme le dit le Psalmiste: "Et nox illuminatio mea in deliciis meis", la nuit est mon illumination dans les délices (Ps 138, 11). De notre Père jusqu'à nous il n'y plus qu'un chemin d'ouvert que rien ne peut obstruer, c'est le chemin ténébreux de la naissance.

0h ! mon Dieu, faut-il croire que désormais, pour échapper à l'ennemi, pour ne pas être vu, il n'y a plus pour Vous qu'un moyen, c'est d'être aveugle ? et pour ne pas être prévu, c'est d'être gratuit? pour être irrésistible, c'est d'être immédiat ?

Faut-il croire que la grâce, déjà si inquiétante à tous les gens raisonnables, va encore accentuer sa ressemblance avec les démarches de la folie, du hasard, du caprice et de l'ivresse, et que dans le grand jour de la liquidation générale, dans le solde final des miséricordes de Dieu en retard, les cadeaux les plus énormes vont tomber dans les coeurs les plus imprévus ?

Avons-nous réussi à construire un filtre si savant qu'il empêche de passer toute autre chose que Dieu lui-même? Et le diable, en fascinant nos sens, n'a-t-il fait que dégarnir les remparts de notre âme au profit d'un mystérieux Hermès? Dans cette nuit où il ne se fait point d'oeuvres, Dieu cependant trouve sa voie, et le soleil quand il se lève a vue sur une Égypte exterminée (mal exterminée) et sur un Israël, par toutes sortes de moyens inimaginables et scandaleux, qui se dégage et qui se sauve."

Paul Claudel


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Saint Maximilien-Marie Kolbe


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Quelquefois nous avons des doutes: il nous arrive si souvent de n'avoir pas été fidèles à la grâce, si bien que nous ne sommes plus dignes d'avoir l'aide de Dieu. Mais voilà pourquoi Dieu nous a donné la céleste Mère à qui Il a confié tout l'ordre de la Miséricorde, comme s'Il voulait nous protéger devant sa justice. Nous avons donc une route sur laquelle, en marchant, nous pouvons toujours obtenir la grâce de Dieu. Il ne faut jamais dire que maintenant ce n'est plus possible d'avoir la grâce.

Bien que nous ayons sur la conscience de graves péchés, nous pouvons nous relever. Il suffit seulement de s'approcher de l'Immaculée. Que celui qui tombe se tourne vers elle en toute confiance. Il ne faut pas se concentrer sur soi. Saint Paul dit déjà : « Je peux tout en Celui qui me fortifie », et nous aussi nous pouvons dire : « Je peux tout en celle qui me fortifie. »

Saint Maximilien-Marie Kolbe


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Aimer Dieu


QUI EST BERNARD DE CLAIRVAUX?

Bernard naît en 1090, au château de Fontaines, près de Dijon, en France.
Il a cinq frères et une soeur.
Bernard fait des études dans une école, pas loin de chez lui.
Il y apprend à aimer les Livres Saints et les écrits des Pères de l'église. Ses parents veulent qu'il devienne prêtre.
La mère de Bernard meurt vers 1103. Il est encore jeune et il a beaucoup de peine.
Vers l'âge de vingt ans, Bernard pense quitter la maison pour continuer ses études.
Le souvenir de sa mère est toujours vivant en lui. Un jour, il. entre dans une église pour prier, il entend la voix du Seigneur qui parle à son coeur.
Alors il décide de se donner tout entier à Dieu.
Il veut imiter l'humilité du Christ.
Il veut devenir un grand ami de Dieu.
Bernard va donc frapper à la porte d'un monastère tout nouveau, dans un lieu sauvage appelé Citeaux qui n'est pas loin de Dijon. Beaucoup de membres de sa famille et de ses amis entrent avec lui au monastère. Les moines de Citeaux vivent selon la Règle de saint Benoît.
On les appelle "Cisterciens".
Bientôt le monastère de Citeaux va fonder d'autres maisons de prière et au service du Seigneur. Parmi elles, il y a Clairvaux.
L'abbé de Citeaux y envoie Bernard et ses frères. Bernard a vingt-cinq ans. Il est le premier abbé de Clairvaux.
Désormais il sera BERNARD DE CLAIRVAUX
Sa santé est fragile. La vie au monastère est dure. Mais Bernard aime Dieu et trouve en lui la force de faire beaucoup de bien, partout où il va.

Bernard aime beaucoup l'Église.
Il aime les pauvres et les petits, il veut les aider.
Il aime aussi ses moines et la vie monastique.
Pendant sa vie, il a prêché beaucoup de sermons et écrit beaucoup de livres et de lettres. Il a beaucoup lu les Livres Saints. A force de chanter, de prier et de réfléchir sur tous ces textes, il les connaît presque par coeur, surtout les psaumes.
Il meurt à Clairvaux en 1153, à soixante-trois ans.
Quelques années plus tard, le pape le met au nombre des saints.


POURQUOI AIMER DIEU ?

NOUS DEVONS AIMER DIEU


Tu me demandes de te dire pourquoi il faut aimer Dieu et comment?
Je te réponds: la raison d'aimer Dieu, c'est Dieu lui-même!
La mesure de cet amour, c'est de l'aimer sans mesure.
Est-ce que cela ne suffit pas ?
Si, bien sûr, mais seulement pour un sage. Or, je parle aussi pour des ignorants (Romains 1, 14).
D'ailleurs, si cela suffit pour un sage, je dois aussi penser aux autres.
Alors, c'est avec plaisir que je dirai pour eux la même chose, plus longuement, mais pas plus profondément. Je crois qu'il faut dire qu'il y a deux raisons d'aimer Dieu pour lui-même:
  • D'abord rien n'est plus juste.
  • Ensuite rien ne peut être aussi avantageux pour nous.

C'est cela qui vient à l'esprit quand on pose la question :

" Pourquoi aimer Dieu ? "

Cette question peut vouloir dire deux choses:
Est-ce qu'il faut aimer Dieu parce qu'il le mérite, ou parce que nous y gagnons quelque chose ?
Je ne ferai qu'une seule réponse à ces deux questions: en effet, je ne vois pas d'autre bonne raison d'aimer Dieu que Dieu lui-même.
Voyons, tout d'abord, pourquoi Dieu est digne d'être aimé.


1- DIEU NOUS A AIMES LE PREMIER


Voici pourquoi Dieu est digne de recevoir beaucoup d'amour de nous: il s'est donné à nous, même quand nous n'étions pas dignes de lui (Galates 1, 4).
Est-ce qu'il pouvait nous donner quelque chose de meilleur que lui-même!
Nous cherchons les raisons d'aimer Dieu et nous nous demandons: pourquoi Dieu a-t-il droit à notre amour?
C'est, tout d'abord, parce que "Dieu nous a aimés le premier" (1 Jean 4, 9).
Vraiment il mérite que nous l'aimions en retour.
C'est clair, surtout si nous nous posons ces trois questions:
  • Celui qui nous aime, qui est-il ?
  • Ceux que Dieu aime, qui sont-ils ?
  • Quelle est la mesure de son amour ?

Celui qui nous aime, qui est-il ? :
C'est celui que tout être humain reconnaît en disant : "Tu es mon Dieu parce que tu n'as pas besoin de mes biens" (Psaume 15, 2).
Oui, l'amour que le Dieu Très-Haut nous porte est un amour vrai.
En effet, il ne cherche pas son intérèt (1 Corinthiens 13, 4-5).
Et pour qui Dieu est-il si généreux ?
L'apôtre Paul le dit: "Quand nous étions les ennemis de Dieu, il nous a réconciliés avec lui" (Romains 5, 10).
Donc, Dieu a aimé ses ennemis d'un amour gratuit.
Enfin, quelle est la mesure de cet amour ?
L'apôtre Jean nous le dit: "Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique" (Jean 3, 16).
L'apôtre Paul écrit aussi : "Même son Fils, Dieu ne l'a pas gardé pour lui, mais il l'a donné pour nous tous" (Romains 8, 32).
Et le Fils dit en parlant de lui-même: "Si quelqu'un donne sa vie pour ses amis, c'est la plus grande preuve d'amour" (Jean 15, 13).
Voilà ce que le Dieu juste a fait pour des pécheurs! (Romains 5, 6-7)
Voilà ce que le Tout-Puissant a fait pour nous qui sommes si faibles...


2- DIEU NOUS A DONNÉ DES BIENS POUR LE CORPS


A mon avis, ceux qui comprennent clairement ce qu'on vient de dire, comprennent clairement aussi pourquoi il faut aimer Dieu.
Je veux dire: ils comprennent pourquoi Dieu mérite notre amour.
Pour ceux qui ne croient pas en lui, cela reste caché.
Mais Dieu peut montrer facilement à ces gens-là qu'ils ne savent pas reconnaître sa bonté. Qu'ils regardent donc les bonnes choses que Dieu nous donne toutes celles que nos sens saisissent et qui nous sont utiles. Oui, qui nous donne les aliments pour nous nourrir, la lumière pour voir, l'air pour respirer ?
Est-ce que ce n'est pas Dieu?
Ce serait stupide de vouloir écrire toutes les bonnes choses que Dieu nous donne.
Il y en a trop! Cela suffit de donner en exemple la nourriture, le soleil, l'air. Parmi les dons de Dieu, ce ne sont pas les plus grands. Mais j'en parle parce qu'ils sont les plus nécessaires pour notre corps.


3- DIEU NOUS A FAIT DES DONS ENCORE MEILLEURS


Mais il y a des biens encore meilleurs. Ceux-là, il faut les chercher dans la meilleure partie de nous-mêmes, c'est-à-dire dans notre âme.
Voici ces biens: la dignité, la connaissance et la force de faire le bien. - J'appelle "dignité" dans l'être humain la possibilité de choisir librement.
C'est cela qui nous place au-dessus de tous les autres êtres vivants et nous en fait les maîtres (voir Genèse 1, 26).
La "connaissance", elle, nous permet de reconnaître notre dignité, et de savoir que nous l'avons reçue de Dieu. Enfin, "la force de faire le bien" nous aide à chercher Dieu avec ardeur.
Quand nous avons trouvé Dieu, elle nous aide à nous attacher solidement à lui. Chacun de ces trois biens a deux aspects:
  • La dignité n'appartient qu'à l'être humain. De plus, elle fait de lui le maître de tous les êtres vivants, et tous les animaux de la terre lui obéissent (voir Genèse 9, 2).
  • Ensuite, c'est par la connaissance que nous reconnaissons notre dignité. De plus, elle nous apprend que cette dignité et tous les autres biens qui sont en nous, ne viennent pas de nous.
  • Enfin, la force de faire le bien nous fait chercher notre Créateur comme il faut. De plus, quand nous avons trouvé notre Créateur, elle nous permet de nous attacher à lui pour toujours.

Sans la connaissance, la dignité ne sert donc à rien.
D'autre part, si la force de faire le bien manque, la connaissance fait du mal.
Voyons comment: Comment peux-tu te vanter d'avoir une bonne chose, si tu ne sais pas que tu l'as?
Mais, si tu sais que tu as cette bonne chose et si tu ne reconnais pas que c'est un don, tu peux bien te vanter, mais pas devant Dieu (Romains 4, 2).
Eh bien, voici ce que l'apôtre Paul dit à celui qui se vante: " Tout ce que tu as, c'est Dieu qui te l'a donné, n'est-ce pas ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te vanter, comme si tu ne l'avais pas reçu ? " (1 Corinthiens 4, 7).
Paul ne dit pas seulement - "Pourquoi te vanter ?" Mais il ajoute : "comme si tu ne l'avais pas reçu".
Donc, l'Apôtre ne dit pas : " C'est mal de te vanter d'avoir quelque chose. " Mais il dit seulement: " C'est mal de te vanter de posséder quelque chose et de ne pas reconnaître que tu l'as reçu. "
Vraiment cette fierté n'est que du vent. Elle ne s'appuie pas sur la vérité qui est une base solide. Tu le vois, l'Apôtre fait une différence entre une fierté qui est vraie et une fierté qui est fausse. Il dit: "Si quelqu'un veut se vanter, qu'il se vante de ce que le Seigneur a fait" ... (1 Corinthiens 1, 31). C'est cela la vérité. Et la vérité, c'est le Seigneur lui-même (voir Jean 14, 6).
Donc, tu dois savoir deux choses : - d'abord, tu dois connaître ce que tu es - ensuite, tu dois reconnaître que cela ne vient pas de toi. Sinon, tu risques de ne pas reconnaître les dons de Dieu ou de te vanter pour rien...


4-RECONNAISSONS QUE TOUT VIENT DE DIEU


Ignorer la dignité de l'être humain, c'est nous mettre en-dessous de ce que nous sommes...
Voilà la première ignorance. Il faut l'éviter.
Mais évitons encore davantage le contraire nous attribuer plus que nous n'avons. Voilà la deuxième ignorance.
C'est ce qui arrive quand nous pensons " Le bien qui est en moi vient de moi. " Cela est faux, nous nous trompons.
Il y a une troisième forme d'ignorance plus grave que les deux premières. Il faut l'éviter et la détester absolument.
La voici: c'est oser chercher ta gloire dans des biens qui ne sont pas à toi. Et cela, en sachant ce que tu fais et en ayant bien réfléchi.
Tu le sais très bien, ces biens ne sont pas de toi, et tu n'as pas honte de voler l'honneur qui appartient à un autre.
La première ignorance ne te donne aucune raison de te vanter.
La deuxième ignorance te donne bien une raison de te vanter, mais pas devant Dieu (Romains 4, 2).
La troisième ignorance est plus mauvaise encore, parce que tu sais très bien ce que tu fais tu voles à Dieu ce qui lui appartient et tu agis contre lui. Cette troisième ignorance est de l'orgueil, elle est beaucoup plus grave et dangereuse que la deuxième.
En effet, dans la deuxième ignorance, tu fais comme quelqu'un qui ne connaît pas Dieu.
Mais, dans la troisième, tu méprises Dieu. Et cela est très grave.
Il faut la détester à tout prix. La première ignorance te rend semblable aux bêtes, mais la troisième te rend semblable aux esprits mauvais.
Oui, l'orgueil est le plus grand des péchés parce que, non seulement tu utilises les dons reçus comme s'ils venaient de toi, mais de plus, tu prends pour toi la gloire qui appartient à Dieu.


5- MÊME CELUI QUI NE CONNAÎT PAS LE CHRIST DOIT AIMER DIEU


Voici ce que je voulais montrer: même ceux qui ne connaissent pas le Christ ont en eux la loi naturelle. Elle leur fait comprendre qu'ils ont reçu de Dieu beaucoup de biens pour leur corps et pour leur âme. Ils peuvent donc savoir qu'ils doivent aimer Dieu, simplement parce qu'il est Dieu. Je résume ce que j'ai dit jusqu'ici.
Tout ce qui est nécessaire au corps durant notre vie, tout ce qui nous permet d'exister, de voir, de respirer, c'est Dieu qui nous le donne. Quel incroyant ignore cela?
Ce Dieu donne la nourriture à tous les êtres vivants (Psaume 135, 25). "Il fait lever son soleil sur les bons et les méchants. Il fait tomber la pluie sur les justes et les injustes" (Matthieu 5, 45). Dans le livre de la Genèse, Dieu dit: "Faisons l'être humain à notre image et à notre ressemblance" (Gn 1, 26). C'est donc le Créateur qui fait briller en nous la dignité humaine.
Celui qui ne respecte pas Dieu, est-ce qu'il peut douter de tout cela ? C'est bien Dieu qui donne la connaissance à l'être humain (Psaume 93, 10)
Enfin, c'est le Seigneur, le Dieu-Fort lui-même, et personne d'autre, qui donne la force de faire le bien. Et si nous ne l'avons pas, nous pouvons espérer la recevoir de lui. Par conséquent, Dieu est digne d'être aimé pour lui-même et par tous, même par celui qui n'a pas la foi.
En effet, celui qui ne connaît pas le Christ se connaît lui-même. Donc, l'incroyant n'a pas d'excuses (Romains 3, 2), s'il n'aime pas le Seigneur son Dieu de tout son coeur, de toutes ses forces et par toute sa vie (Marc 12, 30).
Voici ce qu'il entend au fond de lui-même tu dois aimer de tout ton être le Dieu qui t'a tout donné. Et son intelligence lui dit que cela est juste. Mais il est difficile, même impossible, avec sa seule liberté, d'utiliser les biens reçus de Dieu pour faire uniquement ce que Dieu veut.
Chacun a toujours envie de détourner ces biens pour faire sa volonté égoïste. Oui, il est très difficile pour l'être humain de ne pas garder ces biens comme s'ils lui appartenaient. Les Livres Saints nous disent : "Tous cherchent leurs intérêts à eux" (Philippiens 2, 21). Et aussi : "L'intelligence et les pensées du coeur de l'être humain se tournent vers le mal" (Genèse 8, 21).


6-CEUX QUI ONT LA FOI ONT BEAUCOUP PLUS DE RAISONS D'AIMER DIEU


Mais ceux qui ont la foi savent combien ils ont besoin de Jésus, et de Jésus cloué sur la croix (1 Corinthiens 2, 2). Ils admirent cet amour qui dépasse tout ce qu'on peut connaître (Éphésiens 3, 19), et ils s'attachent à lui passionnément.
Et, en même temps, ils ont honte de ne pas donner au moins le peu qu'ils sont, en échange de cet amour et de cette immense bonté. Ils comprennent combien Dieu les aime et, donc, il est facile pour eux d'aimer davantage. Celui qui reçoit moins, aime moins (Luc 7, 47).
Ceux qui n'ont pas cette foi ne ressentent pas aussi fort que l'Église la brûlure de cet amour qui lui fait dire :"Je suis blessée par l'amour."
Et encore : "Rendez-moi la force avec des fleurs. Guérissez-moi avec des fruits. Je suis malade d'amour" (Cantique 2, 5).
L'Eglise voit le Roi Salomon : il porte la couronne que sa mêre lui a posée sur la tête (Cantique 3, 11). Elle voit le Fils Unique du Pêre qui porte sa croix (Jean 19,17), elle voit qu'on frappe le Seigneur Dieu (1 Corinthiens 2, 8).
Elle voit celui qui donne vie et gloire, attaché à la croix par des clous. On lui perce le côté avec une lance (Jean 19, 34), on l'insulte et on se moque de lui (Lamentations 3, 30). Enfin, sa vie très précieuse (Jérémie 12, 7), le Christ la donne pour ses amis (Jean 15, 13).
L'Église voit tout cela et elle sent l'amour transpercer son coeur comme une épée (Luc 2, 35). Et elle dit: "Rendez-moi la force avec des fleurs. Guérissez-moi avec des fruits. Je suis malade d'amour" (Cantique 2, 5).
L'Église est l'épouse du Christ, elle est conduite dans le jardin de celui qu'elle aime (voir Cantique 6, 10), et elle cueille les beaux fruits de l'arbre de vie (Genêse 2, 22). Ces fruits ont le goût du Pain descendu du ciel (Jean 6, 41) et la couleur du sang du Christ.
L'Église voit ensuite la mort frappée à mort. Elle voit le Christ remonter du monde des morts sur la terre, et de la terre dans le ciel, suivi de tous les prisonniers (Éphésiens 4, 8).
Ainsi, au nom de Jésus, tous ceux qui sont dans le ciel, sur la terre et chez les morts, tomberont à genoux (Philippiens 2, 10). Puis l'Église se tourne vers la terre... L'Église dit au Christ: Comme tu es beau, toi que j'aime Tu es magnifique ! Notre lit est couvert de fleurs" (Cantique 1, 15)...
Le Christ se réjouit de respirer le doux parfum de ces fleurs... Il vient volontiers dans le c½ur qui médite avec attention sur sa Passion pleine d'amour et sur la gloire de sa Résurrection. Là, il demeure avec joie. Les souvenirs de la Passion sont comme une bonne récolte, un fruit cueilli après tant d'années mauvaises, où le péché donnait la mort .. (Romains 5, 21).
Ce fruit est apparu quand le moment décidé par Dieu est arrivé. Mais la lumière de la Résurrection, ce sont les fleurs nouvelles qui suivent le temps de la Passion. Sous l'effet du don de Dieu, elles fleurissent comme les fleurs d'une belle saison qui revient. L'Église dit : "La mauvaise saison est passée, les pluies sont finies, elles ont disparu. Sur notre terre, les fleurs paraissent" (Cantique 2, 11-12). Cela veut dire: avec le Christ réveillé de la mort, la belle saison est revenue. C'est pourquoi il dit: "Voici ! Je fais un monde nouveau" (Apocalypse 21, 5). Son corps a été semé dans la mort (1 Corinthiens 15, 42), il a refleuri quand il s'est réveillé de la mort. Son parfum se répand dans notre vallée. Tout redevient vert, tout se réchauffe, tout ce qui était mort est de nouveau vivant. La nouveauté de ces fleurs et de ces fruits, la beauté de ce champ au parfum agréable, tout cela fait la joie du Père : oui, il la trouve en son Fils qui fait un monde nouveau...

L'Église est tellement proche du Christ qu'elle cueille les fruits et les fleurs, chaque fois qu'elle le veut. Avec ces fleurs et ces fruits, elle peut décorer l'endroit le plus secret de son c½ur. Et quand l'Epoux vient lui rendre visite, le coeur de l'épouse répand un parfum agréable. Donc, si nous voulons que le Christ habite dans nos c½urs (Éph 3, 17), nous devons les rendre forts dans la foi, en réfléchissant à toutes les preuves de son amour. Les voici : il est mort par amour pour nous, et il s'est réveillé de la mort avec puissance.
Le roi David dit cela dans un psaume "J'ai entendu deux choses : la puissance appartient à Dieu; à toi aussi, Seigneur, appartient l'amour" (Psaume 61, 12-13). Et, comme dit un autre psaume, ces "preuves sont très vraies" (Psaume 92, 5). En effet, le Christ est mort pour nos péchés et il s'est réveillé de la mort pour nous rendre justes (Romains 4, 25).
Il est monté aux cieux pour nous protéger. Il nous a envoyé l'Esprit Saint pour nous consoler (Jean 16, 7), et il reviendra nous prendre avec lui. Ainsi, la mort du Christ prouve son amour pour nous, et son réveil de la mort prouve sa puissance. Et tout ce qu'il a fait pour nous sauver nous prouve non seulement son amour, mais aussi sa puissance.
En attendant le Christ, l'épouse demande à être entourée et soutenue par ces fleurs et ces fruits. A mon avis, elle sent que la force de son amour peut facilement devenir tiède et faible. C'est pourquoi elle a besoin de ces fleurs et de ces fruits pour avoir la force d'attendre le moment où l'Epoux viendra la prendre chez lui. Alors, dans le secret, il lui donnera les signes de son amour qu'elle a si longtemps attendus. Et elle pourra dire : "Sa main gauche est sous ma tête, et sa main droite me serre contre lui" (Cantique 2, 6).


7-L'AMOUR EST UNE DETTE


Si tu réfléchis à tout ce que je viens de dire, tu comprendras bien, je crois, pourquoi on doit aimer Dieu, pourquoi Dieu mérite d'être aimé. Celui qui n'a pas la foi n'a pas le Fils ( Jean 5, 12).
Donc il ne possède pas non plus le Père, ni le Saint-Esprit. En effet, "celui qui ne respecte pas le Fils, ne respecte pas le Père qui l'a envoyé"... (Jean 5, 23). Et il ne respecte pas non plus le Saint-Esprit envoyé par le Fils Jn 15, 26). Ce n'est pas étonnant.

Celui qui n'a pas la foi connaît Dieu moins bien que nous, et il montre moins d'amour. Pourtant, il sait fort bien ceci : Dieu lui a donné tout ce qu'il est et tout ce qu'il possède, et il doit se donner tout entier à Dieu.

Mais moi, j'ai la foi. Qu'est-ce que je dois donc faire ?

Dieu m'a donné la vie gratuitement. Il me donne généreusement tout ce qui m'est nécessaire. Quand je suis dans la peine, il me console avec bonté. Il prend soin de moi et me guide attentivement.
De plus, dans le Christ qui est le Sauveur, Dieu m'a totalement libéré. Il garde ma vie pour toujours et la remplit de bienfaits et de gloire. On lit dans les Livres Saints : "Dieu nous a totalement libérés"... (Psaume 129, 7). Et encore: "Le Christ est entré une fois pour toutes dans le Lieu saint, près de Dieu. Ainsi, il nous a libérés pour toujours" (Hébreux 9, 12).

Et, au sujet de notre vie avec Dieu, on lit: "Il n'abandonnera pas ses amis, il les gardera pour toujours" (Psaume 36, 28). Au sujet des bienfaits qu'il nous donne, on lit encore. "Vous pouvez tendre le bord de votre vêtement, et on versera dedans beaucoup de grains. Les grains seront bien secoués, serrés, ils déborderont!" (Luc 6, 38). Les Livres Saints disent aussi "Il y a des choses que les yeux ne voient pas. Les oreilles ne les entendent pas. Le c½ur humain n'y a jamais pensé. Eh bien, ces choses-là, Dieu les a préparées pour ceux qui ont de l'amour pour lui" (Ésaïe 64, 4 ; 1 Corinthiens 2, 9).

Et au sujet de la gloire que nous allons recevoir, on lit: "Nous attendons comme Sauveur, le Seigneur, le Christ Jésus. C'est lui qui changera notre faible corps pour le rendre semblable à son corps glorieux" (Philippiens 3, 20-21). Et encore : "On ne peut comparer les souffrances d'aujourd'hui avec la gloire que Dieu nous montrera clairement plus tard" (Rra 8, 18). Et aussi : "Oui, nos souffrances actuelles sont légères et durent peu de temps. Mais elles nous préparent une gloire extraordinaire. Cette gloire durera toujours et elle est beaucoup plus grande que nos souffrances. C'est pourquoi nous ne regardons pas vers les choses qu'on voit, mais vers les choses qu'on ne voit pas" (2 Corinthiens 4, 17-18). Que rendrai-je au Seigneur pour tout cela ? (Psaume 115,12). Je dois me donner tout entier à Dieu, parce qu'il m'a donné tout ce que je suis. Et je dois l'aimer de tout mon être. Cela est juste et raisonnable. La foi me fait comprendre ceci plus j'estime Dieu au-dessus de moi, plus je dois l'aimer. En effet, ce que je suis, il me l'a donné. Mais de plus, il s'est donné lui-même à moi. Nous avons reçu le commandement d'aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre coeur, de toutes nos forces et par toute notre vie (Deut. 6, 5). Cela veut dire: avec tout ce que nous sommes, avec tout ce que nous savons, avec tout ce que nous pouvons faire. Ce commandement, nous l'avons reçu quand le "temps de la foi" n'était pas encore venu. Dieu n'était pas encore venu parmi nous comme un homme, il n'était pas mort sur la croix, il n'était pas sorti de la tombe, il n'était pas retourné près du Père. Ainsi, Dieu est juste en réclamant notre reconnaissance pour les dons qu'il nous a faits...

Et si je dois me donner tout entier à Dieu parce qu'il m'a créé, ma dette est beaucoup plus grande parce qu'il m'a recréé d'une façon plus merveilleuse encore. Oui, pour Dieu, cela a été moins facile de me recréer que de me créer. Pour me créer, et pour créer tout ce qui existe, les Livres Saints disent : "Dieu a dit une seule parole, et tout a été fait" (Psaume 148, 5).
Mais celui qui m'a créé par une seule parole a dû faire beaucoup plus pour me recréer. Il a dû faire des choses merveilleuses. Il a dû supporter des choses dures, et non seulement dures, mais des souffrances qui ne sont pas dignes de Dieu. "Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu'il m'a donnés ?" (Psaume 115, 12). Au début, quand Dieu m'a créé, il m'a donné la vie à moi-même.
Puis, quand Dieu m'a recréé, il s'est donné lui-même à moi. Et en se donnant lui-même, il m'a rendu la vie. C'est donc une double dette que j'ai envers lui.
Ainsi, il m'a donné une première fois à moi-même, puis il m'a rendu une seconde fois à moi-même. Mais que rendrai-je à Dieu qui se donne à moi ? Même si je pouvais me donner mille fois, est-ce que je suis quelque chose, moi, à côté de Dieu ?


COMMENT IL FAUT AIMER DIEU


D'abord reconnais ceci:

Dieu mérite notre amour sans mesure.

Je résume donc ce que j'ai déjà dit : c'est lui qui nous a aimés le premier (1 Jean 4, 10). Lui qui est si grand, il nous a aimés d'un amour très grand, tout à fait gratuit, nous qui sommes si petits!
Et il nous a aimés tels que nous sommes.
C'est pourquoi je me souviens d'avoir dit au début: la mesure pour aimer Dieu, c'est de l'aimer sans mesure.
Or, l'amour qui tend vers Dieu tend vers celui qui est immense et sans limite. Alors, je vous le demande, est-ce que notre amour pour lui peut avoir une mesure et une limite?
Non ! Il faut encore dire ceci : notre amour pour Dieu n'est pas gratuit, nous payons une dette. Dieu est immense, et il nous aime.
Dieu a la vie pour toujours, et il nous aime. Dieu est l'amour qui dépasse tout ce qu'on peut connaître (Éphésiens 3, 19), et il nous aime.
La grandeur de Dieu est sans limite (Psaume 144, 3), sa sagesse est sans mesure (Psaume 146, 5), sa paix dépasse tout ce que nous pouvons comprendre (Philippiens 4, 7).

Et nous, est-ce que nous allons mesurer notre amour pour Dieu ?

"Seigneur, je t'aimerai. Tu es ma force, je m'appuie sur toi. C'est toi qui me protèges et me délivres" (Psaume 17, 2-3), toi qui es pour moi tout ce que je peux désirer, tout ce que je peux aimer. Toi, mon Dieu, toi, mon secours, je t'aimerai selon le don que tu m'as fait et selon ma mesure. Ma mesure ne peut atteindre ce que tu mérites, mais du moins je ferai tout ce que je peux. Non, je ne suis pas capable de t' aimer comme je le dois, je ne peux dépasser mes limites. Plus tard, quand tu voudras bien me donner davantage, je t'aimerai davantage, mais jamais je ne t'aimerai comme tu le mérites. Tu vois combien je suis imparfait.
Pourtant, tu inscris dans le livre de la vie" (Psaume 138, 16) ceux qui font ce qu'ils peuvent, même s'ils ne peuvent pas faire tout ce qu'ils doivent.
On voit donc clairement, je crois, comment il faut aimer Dieu, et pourquoi il mérite notre amour. Oui, je dis bien : pourquoi il mérite notre amour. Mais qui peut dire jusqu'à quel point il faut l'aimer ? Qui, je vous le demande, peut le dire ? Qui peut même le comprendre ?...


9-DIEU EST LE PLUS GRAND DE TOUS NOS BIENS


Voyons maintenant ce que nous gagnons en aimant Dieu... Quand on aime Dieu, on reçoit de lui une récompense. Mais nous ne devons pas l'aimer pour recevoir cette récompense.
En effet, l'amour vrai reçoit toujours quelque chose en échange. Pourtant, il ne veut rien gagner, parce qu'il "ne cherche pas ses intérêts" (1 Corinthiens 13, 5).
C'est un mouvement du coeur, ce n'est pas un contrat. L'amour ne s'achète pas et il n'achète rien. L'amour est spontané, et nous fait agir spontanément. L'amour vrai trouve toute sa joie en lui-même. La récompense de l'amour, c'est la chose qu'on aime...
L'amour vrai ne cherche pas de récompense, mais il en mérite une. Bien sûr, on promet une récompense à quelqu'un qui n'aime pas encore vraiment. On doit cette récompense à celui qui aime, et on la donne à celui qui est fidèle dans l'amour... Si quelqu'un aime Dieu, il cherchera, comme seule récompense, le Dieu qu'il aime. S'il cherche autre chose que Dieu, il n'aime pas vraiment Dieu, c'est sûr.


10-CELUI QUI N'AIME PAS DIEU SE FATIGUE A CHERCHER DES CHOSES MAUVAISES


L'homme qui agit selon sa raison porte en lui des désirs et une façon de voir les choses qui sont bien à lui. Il désire ce qui lui semble le meilleur pour lui. Et quand une chose lui paraît moins bonne qu'une autre, il n'est pas content. Supposons ceci : un homme a une femme très belle.
Eh bien, il ne peut pas s'empêcher de regarder avec envie une femme plus belle encore. S'il a de très beaux vêtements, il en désire de plus beaux encore. Et s'il a de grandes richesses, il est jaloux de celui qui est plus riche que lui. Si des gens possèdent beaucoup de terres et de nombreuses propriétés, ils ajoutent tous les jours un champ à leurs champs (Isaïe 5, 8).

Tu le vois bien. Ils reculent sans cesse les limites de leurs terres (Amos 1, 13), parce qu'ils veulent toujours plus.
Tu en vois d'autres qui habitent dans des maisons très riches et dans des palais immenses. Malgré cela, ils ajoutent chaque jour une maison à leurs maisons! (Isaïe 5, 8).
Ils ne trouvent aucun repos, ils sont pleins de soucis, et cherchent à construire des maisons, puis à les détruire, à changer les ronds en carrés!
Et que dire des hommes couverts d'honneurs ? Leur orgueil n'est jamais satisfait. Ils cherchent de toutes leurs forces à s'élever plus haut.
Tu le vois bien. Cela ne s'arrête jamais parce qu'ils ne trouvent jamais ce qui est le plus grand et le meilleur. Rien d'étonnant en tout cela. En effet, Dieu est notre bien le plus grand et le meilleur. Si l'on n'est pas capable de trouver son repos en lui, comment peut-on être content avec des choses ordinaires et basses?

Mais celui qui désire des choses qui ne pourront jamais le rassasier, ni même calmer sa faim, celui-là est complètement stupide et fou. Oui, quand on possède une chose, on désire encore celles qu'on n'a pas, on ne trouve aucun repos, on cherche toujours celles qui manquent.
Celui qui cherche ainsi sans cesse et partout, court inutilement après tous les plaisirs trompeurs du monde. Il se fatigue et n'est jamais rassasié. Cet homme veut tout avaler. Pourtant, il a l'impression de n'avoir rien pris, tellement il lui reste de choses à dévorer. Il se fait beaucoup de souci en désirant ce qui lui manque. Et cette souffrance est plus grande que la joie de posséder ce qu'il a déjà.
On ne peut pas tout avoir. Et le peu qu'on a, on ne l'obtient qu'avec peine et on en profite en tremblant. On ne connaît pas le jour malheureux où on devra le perdre. Oui, un jour nous perdrons tout, c'est sûr. Voici le chemin que suit l'homme mauvais il cherche le bien le plus grand et il court là où il pense pouvoir le trouver. Mais c'est son orgueil qui le conduit ainsi par des chemins détournés. Les gens mauvais se trompent eux-mêmes (Psaume 26, 12). Si tu veux faire tout ce que tu veux, c'est-à-dire, si tu veux posséder une seule chose qui va satisfaire tous tes désirs, alors, à quoi bon essayer de prendre tout le reste ? Tu cours en dehors du bon chemin.

En faisant ce détour, tu mourras avant de parvenir à ce que tu désires.Oui, les gens mauvais agissent ainsi: ils tournent autour de ce qui leur fait envie, et ils repoussent les moyens qui les rapprochent de leur but.

Je ne parle pas d'un but qui mène à la ruine, mais du but parfait qui comble tous les désirs. Les gens mauvais n'ont pas du tout envie de parvenir à ce but-là ils s'agitent inutilement, et cela les ronge. L'aspect extérieur des choses les séduit davantage que le Créateur de ces choses. Ils courent vers tous ces biens et ils veulent les essayer, l'un après l'autre, mais ils n'ont aucun souci de parvenir au Seigneur, le Maître de tout!

Par conséquent, ceux qui courent sans être guidés par la raison, ils courent, bien sûr, mais en dehors du chemin. Ils méprisent l'avertissement de l'apôtre Paul, et ils ne courent pas de manière à saisir le prix (1 Corinthiens 9, 24). En effet, quand obtiendront-ils la récompense, s'ils veulent obtenir tout le reste d'abord ? Vouloir d'abord toucher à tout, c'est faire un détour et tourner toujours en rond.


11-L'AMI DE DIEU TROUVE SON BONHEUR EN DIEU


Mais celui qui obéit à Dieu n'agit pas de cette façon. Il a entendu les reproches qu'on fait aux gens mauvais, à ceux qui tournent en rond (Psaume 30, 14).
En effet, beaucoup prennent le chemin qui est large (Matthieu 7, 13), et qui conduit à la mort.
Mais l'ami de Dieu choisit la route du Royaume (Nombres 20, 17).
Il ne s'écarte ni à droite, ni à gauche.
Le prophète Isaïe écrit: "Le chemin de l'ami de Dieu est droit. Il marche droit sur une route sans obstacle" (Isaïe 26, 7). Les amis de Dieu sont prudents: ils évitent les détours inutiles qui conduisent au mal. Ils choisissent le Christ. C'est lui, la Parole du Père, qui s'est fait tout petit pour nous rendre simples.

C'est pourquoi les amis de Dieu ne désirent pas tout ce qu'ils voient, mais ils vendent tout ce qu'ils ont, et donnent l'argent aux pauvres (Matthieu 19, 21).
Oui, "les pauvres sont vraiment heureux, parce que le Royaume des cieux est à eux" (Matthieu 5, 3).
Tu le vois, tout le monde court (1 Corinthiens 9, 24), mais tous ne courent pas de la même façon.
"Le Seigneur connaît le chemin de ses amis, mais le chemin des gens mauvais conduit à la mort" (Psaume 1, 6). "Pour l'ami de Dieu, avoir peu de biens vaut mieux que la fortune des gens mauvais" (Psaume 36, 16). Et, comme le Sage nous le dit "Celui qui aime l'argent n'en aura jamais assez" (Ecclésiaste 5, 9). Celui qui agit sans réfléchir en fait l'expérience. Au contraire, "ceux qui ont faim et soif d'obéir à Dieu seront rassasiés" (Matthieu 5, 6).

En effet, pour l'esprit de l'être raisonnable, de celui qui réfléchit, l'obéissance à Dieu est vraiment une nourriture. Mais l'argent ne nourrit pas l'esprit, de même, l'air ne nourrit pas le corps.
Par exemple, si tu vois quelqu'un qui a faim ouvrir sa bouche et gonfler ses joues avec l'air, tu vas penser: " Il est complètement stupide ! "De même, celui qui pense nourrir son esprit avec des choses de la terre, est tout aussi stupide.

Il remplit seulement son intelligence avec du vide, mais il n'est pas rassasié.
Qu'est-ce qu'il y a de commun entre le corps et l'esprit ? Le corps ne peut pas se nourrir avec les choses de l'esprit. Mais l'esprit ne peut pas non plus se nourrir avec les choses du corps.

"Remercie le Seigneur, il te donne tous les biens que tu désires" (Psaume 102, 1 et 5). Il te donne ses bienfaits. Il te pousse à faire le bien. Il te fixe dans le bien. Il est là avant toi. Il te soutient, il te rassasie. Il fait naître ton désir, et c'est lui que tu désires.

Au début, j'ai dit que la raison d'aimer Dieu, c'est Dieu lui-même. En disant cela, j'ai dit la vérité. En effet, l'amour vient de Dieu, et l'amour va à Dieu. Dieu nous donne l'occasion d'aimer. Il est l'origine de notre amour. Et c'est lui-même qui rassasie notre désir de l'aimer. Il nous donne de l'aimer ou, plutôt, il se donne à aimer. C'est lui aussi que nous espérons, et notre bonheur sera de l'aimer.

Si cela n'est pas vrai, notre amour est vide. L'amour de Dieu, à la fois, prépare notre amour et le récompense. Dans sa bonté, Dieu est là avant nous.
Plus juste que nous, il veut que nous répondions à son amour. Lui, si bon, il veut que nous le désirions. Il est riche pour tous ceux qui l'appellent (Romains 10, 12). Mais il est lui-même notre plus grande richesse.

Il s'est donné à nous pour que nous le cherchions. Il désire être notre récompense, il se donne en nourriture à ses amis, et il livre sa vie pour libérer les prisonniers.
Seigneur, tu es bon pour celui qui te cherche (Lamentations 3,-25).
Mais que peut dire celui qui te trouve ? Voici ce qui est étonnant : personne ne peut te chercher, s'il ne t'a pas d'abord trouvé.
Tu veux donc qu'on commence par te trouver.
Puis tu veux qu'on continue à te chercher, afin de pouvoir te trouver davantage. Nous pouvons te chercher, c'est vrai, et nous pouvons te trouver.
Mais nous ne serons jamais là avant toi En effet, nous pouvons dire : "Je te prie avant le lever du soleil" (Psaume 87, 14). Pourtant, toute prière est bien faible, si ce n'est pas toi qui l'inspires.
Nous venons de voir comment aimer Dieu parfaitement. Voyons maintenant où commence cet amour...


12-LE PREMIER ÉCHELON DE L'AMOUR, C'EST DE S'AIMER SOI-MÊME


D'après les livres Saints, voici le premier et le plus grand commandement: "Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu" (Matthieu 22, 37).
Mais l'être humain est trop fragile et trop faible pour obéir à ce commandement. C'est pourquoi, par une sorte de nécessité, il commence par s'occuper de lui-même. Cet amour-là est égoïste : l'être humain se préfère à tout et ne cherche que lui-même. En effet, "ce qui vient d'abord, c'est ce qui est humain. Ce qui reçoit la vie de l'Esprit Saint vient après" (1 Corinthiens 15, 46). Cet amour-là n'est pas un commandement, il est naturel pour nous. Est-ce que quelqu'un se déteste lui-même ? (Éphésiens 5, 29). Mais cet amour de soi peut devenir excessif, et cela arrive souvent. Alors il ne se contente plus d'être comme une petite rivière qui ne déborde pas.

Mais quand il commence à exiger trop de choses, voici qu'il rencontre sur son chemin un commandement qui l'arrête:

"Tu dois aimer ton prochain comme toi--même" (Matthieu 22, 39).

Et cela est tout à fait juste. Car le prochain partage la même nature que toi (2 Pierre 1, 4). Il doit partager aussi le don de Dieu, surtout ce don de l'amour qui est en toi.
Si tu trouves difficile de penser aux besoins de tes frères et même à leurs plaisirs, tu dois t' efforcer de maîtriser tes plaisirs à toi.
Sinon, tu prends un mauvais chemin. Tu peux être bon pour toi-même, mais tu dois penser à faire la même chose pour ton prochain.
Oui, tu dois te conduire avec prudence. La loi de la vie et de ta conscience te le dit: si tu veux vivre, tu ne dois pas suivre tes désirs mauvais.
Si tu suis tes désirs, tu mets les biens qui sont en toi au service de tes ennemis, c'est-à--dire de tes passions. Il est bien plus juste, plus honnête, de partager ces biens avec une autre personne, c'est-à-dire avec ton prochain, que de les partager avec ton ennemi.
Si tu veux suivre le conseil du Sage , détourne-toi de tes désirs mauvais.
Écoute l'enseignement de l'apôtre Paul "Contente-toi d'avoir la nourriture et le vÊtement" (1 TimothÉe 6, 8).

Alors tu n'auras pas trop de peine à te détacher des mauvais désirs qui font la guerre à notre vie (1 Pierre 2, 11). Ainsi, à mon avis, tu donneras de bon c½ur à celui qui est comme toi ce que tu retires à l'ennemi de ta vie. L'amour que tu as pour toi-même sera correct et juste...

Et quand tu partages ce que tu as, ton amour égoïste devient fraternel.Mais si, en partageant avec ton prochain, il t' arrive de manquer de quelque chose de nécessaire, qu'est-ce que tu vas faire?
La seule chose à faire, c'est de le demander avec beaucoup de confiance. O qui vas-tu le demander ? O Dieu! En effet, c'est lui, n'est-ce pas, qui donne à tous généreusement, sans faire de reproches ? (Jacques 1, 5) Et n'est-ce pas lui encore qui ouvre sa main et remplit de ses biens tous les êtres vivants ? (Psaume 144, 16) Oui, il donne à beaucoup de gens non seulement le nécessaire, mais même plus que le nécessaire. C'est pourquoi Jésus a dit: "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et Dieu vous donnera aussi tout le reste" (Luc 12, 31). C'est tout naturellement que Dieu promet le nécessaire à celui qui se prive de ce qu' il a en trop et qui aime son prochain...


13-LE DEUXIEME ÉCHELON DE L'AMOUR, C'EST D'AIMER DIEU POUR SOI-MÊME


Mais si nous voulons que notre amour du prochain soit tout à fait juste, cet amour doit prendre racine en Dieu.
En effet, on ne peut pas aimer son prochain avec un coeur pur, si l'on n'aime pas selon le coeur de Dieu. Et on ne peut pas aimer selon le coeur de Dieu, si l'on n'aime pas Dieu.
Il faut donc d'abord aimer Dieu, pour pouvoir aimer le prochain selon le coeur de Dieu. C'est Dieu qui est l'auteur de tous les biens, et c'est lui aussi qui est l'auteur de notre amour pour lui.
Voici comment: il a créé l'être humain et il le protège. Oui, il nous a créés de telle façon que nous avons besoin d'être protégés, nous qui avons déjà Dieu comme Créateur.
C'est par lui que nous existons, et sans lui, nous ne pouvons pas continuer à vivre. Ne l'oublions pas ! Ne pensons pas que les biens qui nous viennent du Créateur nous appartiennent.
Pour que cela n'arrive jamais, le Créateur, dans son projet et son désir de nous sauver, veut que nous connaissions certaines difficultés. Ainsi, quand nous nous sentons écrasés par notre faiblesse, Dieu vient à notre aide et nous rend libres. Alors nous chantons la gloire de Dieu.
Cela est juste Dieu dit: "Appelle-moi au secours dans ton malheur, je te délivrerai, et tu chanteras ma gloire" (Psaume 49, 15).
De cette façon, celui qui ne savait aimer que lui-même, de manière égoïste, commencera à aimer Dieu, mais c'est encore dans son intérêt à lui.
Il le sait maintenant, parce qu'il en a fait souvent l'expérience la force de bien agir lui vient de Dieu (Philippiens 4, 13), et sans lui il ne peut rien faire (Jean 15, 5).
Ainsi, maintenant nous aimons Dieu, mais pour le moment c'est dans notre intérêt à nous. Nous n'aimons pas Dieu pour lui-même.
Tu le vois, il est prudent de savoir ce que tu peux faire par toi-même et ce que tu peux faire avec l'aide de Dieu. Il est prudent aussi de te garder sans défaut devant celui qui te protège de tout mal.
Supposons ceci: il t'arrive souvent des malheurs, cela t'entraîne à te tourner souvent vers Dieu, et ainsi Dieu te délivre souvent. Même si tu as une pierre ou du fer à la place du coeur, chaque fois que Dieu te délivre d'un malheur, ton coeur devient plus doux, parce que Dieu te rend de plus en plus libre.
Et, petit à petit, tu commences à aimer Dieu, non plus dans ton intérêt à toi, mais pour Dieu lui-même.


14-LE TROISIÈME ÉCHELON DE L'AMOUR CEST D' AIMER DIEU POUR LUI-MÊME


Nous avons souvent besoin de crier vers Dieu pour qu'il nous aide.
Et chaque fois que nous crions vers lui, nous nous approchons un peu plus près de lui.
Et chaque fois que nous l'approchons, nous goûtons sa bonté et, en la goûtant, nous découvrons combien le Seigneur est doux (Psaume 33, 9).
Alors voici ce qui arrive : nous aimons Dieu comme il faut, à cause de l'expérience de sa douceur, et non plus à cause de nos besoins personnels.
Ce que les Samaritains disent à la femme quand elle annonce " Le Seigneur est là ", nous le disons aussi: "Maintenant nous ne croyons plus seulement à cause de ce que tu as dit. Nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous le savons c'est vraiment lui le Sauveur du monde" (Jean 4, 42).

Nous suivons l'exemple des Samaritains et nous disons à notre corps: " Maintenant ce n'est plus à cause de tes besoins que nous aimons Dieu.

Nous avons goûté nous-mêmes au Seigneur et nous savons combien il est doux. " De cette façon, les besoins du corps veulent dire quelque chose. Ils font connaître avec joie les bienfaits de Dieu.
Si tu fais cette expérience, tu obéiras facilement au commandement d'aimer ton prochain. En effet, maintenant tu aimes vraiment Dieu et tout ce qui appartient à Dieu.
Tu aimes avec un coeur pur, et tu obéis facilement à ce commandement si simple. Oui, comme l'apôtre Pierre le dit, ton coeur devient de plus en plus pur en obéissant au commandement de l'amour (1 Pierre 1, 22).
Tu aimes de façon juste et tu obéis à ce commandement juste d'aimer ton prochain. C'est un amour agréable, parce qu'il est gratuit. Il est pur aussi. Nous n'aimons pas avec des paroles et de beaux discours, mais avec des actes qui montrent que notre amour est vrai (1 Jean 3, 18).

C'est un amour juste, parce qu'il rend autant qu'il reçoit. Oui, celui qui aime de cette façon aime comme il est aimé. Il aime et il ne cherche pas ses intérêts à lui, mais ceux de Jésus Christ (Philippiens 2, 21). Lui, il a cherché notre bien, ou plutôt, il nous a cherchés nous-mêmes (2 Corinthiens 12, 14). Il n'a pas cherché ses intérêts à lui.

Si tu dis: "Chantez les louanges du Seigneur parce qu'il est bon" (Psaume 117, 1), tu aimes vraiment. Supposons ceci : tu chantes les louanges du Seigneur non pas parce que le Seigneur a été bon pour toi, mais simplement parce que le Seigneur lui-même est bon.
Eh bien, tu aimes vraiment Dieu pour Dieu, et non pas pour toi-même. Au contraire, si tu dis : "Je chanterai tes louanges, Seigneur, pour le bien que tu m'as fait" (Psaume 48,19), tu n'aimes pas vraiment Dieu pour Dieu.
Voilà le troisième échelon de l'amour : aimer Dieu pour lui-même.


15-LE QUATRIÈME ECHELON DE L'AMOUR, CEST S'AIMER SOI-MÊME UNIQUEMENT POUR DIEU


Il est heureux, celui qui a pu arriver jusqu'au quatrième échelon de l'amour. Alors il s'aime lui-même uniquement pour Dieu.
Ta fidélité, mon Dieu, ressemble aux montagnes les plus hautes" (Psaume 35, 7).
Cet amour est une montagne, c'est la haute montagne de Dieu, "riche et fertile" (Psaume 67, 16).
Mais, "qui montera sur la montagne du Seigneur ?" (Psaume 23, 3)
"Qui me donnera les ailes de la colombe pour que je m'envole et me repose là-haut ? "(Psaume 54, 7)
Le lieu où Dieu habite, c'est la paix, cette habitation se trouve à Sion!(Psaume 75, 3).
"Hélas, je suis loin de mon pays, et je trouve le temps long" (Psaume 119, 5).
Est-ce que, un jour, je pourrai comprendre cela?
Je suis fragile comme un plat en terre.
Est-ce que, un jour, je pourrai connaître un tel amour et faire l'expérience d'avoir le coeur ivre de Dieu ?
Si oui, je ne penserai plus à moi-même et je me regarderai comme un plat sans valeur. Je m'en irai entièrement vers Dieu, je m'unirai à Dieu, et n'aurai plus qu'un seul coeur avec lui (1 Corinthiens 6, 17).
Je dirai alors : "Mon coeur et tout mon être s'épuisent à te désirer.
Dieu, tu es le Dieu de mon coeur, mon bien pour toujours" (Psaume 72, 26). A mon avis, si Dieu donne à quelqu'un de faire une expérience semblable pendant sa vie sur terre, celui-là est heureux et c'est un grand ami de Dieu.

Oui, il est heureux, même si cette expérience est rare, si elle arrive une seule fois, subitement, juste le temps d'un éclair. Si cela t'arrive, tu te perds d'une certaine façon, comme si tu n'existais plus.
Tu ne sens plus la vie en toi. Tu deviens vide de toi-même et tu n'es presque plus rien. Ce n'est pas un simple bonheur humain. Non, c'est déjà la vie du ciel... 28 Mais les Livres Saints disent : Dieu a fait toutes choses pour lui-même (Proverbes 16, 4).

Tu ne sens plus la vie en toi. Tu deviens vide de toi-même et tu n'es presque plus rien. Ce n'est pas un simple bonheur humain. Non, c'est déjà la vie du ciel... 28 Mais les Livres Saints disent : Dieu a fait toutes choses pour lui-même (Proverbes 16, 4).
Nous devons donc être en accord avec lui exister uniquement pour lui, faire que toutes choses soient pour lui, pour sa seule volonté et non pour notre plaisir. Ainsi, notre joie, ce ne sera pas de satisfaire nos besoins égoïstes, ni même d'être heureux. Ce sera de voir la volonté de Dieu s'accomplir en nous et par nous.
C'est ce que nous demandons chaque jour dans la prière : "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel" (Matthieu 6, 10). Cet amour-là est vraiment saint et pur. Oui, c'est une douce et tendre affection pour Dieu.
C'est un désir très pur de la volonté qui ne cherche plus son intérêt. Ce désir est pur, débarrassé de tout intérêt pour soi, parce qu'il n'y a plus rien d'égoïste en lui.
Et il est plus doux et plus tendre, parce que tout ce qu'on ressent alors vient de Dieu.
Sentir en soi un tel amour pour Dieu, c'est devenir comme Dieu lui-même.
Prenons des comparaisons: - Une goutte d'eau mélangée à beaucoup de vin semble disparaître: elle prend la couleur et le goût du vin.
Le fer, tout rouge dans le feu, devient semblable au feu, il perd la forme qu'il avait avant.
L'air répandu dans la lumière du soleil se transforme en cette lumière, il ne semble pas éclairé par la lumière, mais être lui-même lumière.
Voilà ce qui arrive aux vrais amis de Dieu.
Nous ne pouvons expliquer comment, mais toute la force de leur amour devra être totalement en accord avec la volonté de Dieu. Sinon, est-ce que Dieu pourra être tout en tous (1 Corinthiens 15, 28), s'il reste encore en toi quelque chose d'égoïste?
Sans doute quelque chose de toi restera, mais sous une autre forme, avec une autre gloire et une autre puissance (1 Corinthiens 15, 39-41).
Quand cela arrivera-t-il ? Qui le verra ? Qui en fera l'expérience?
"Mon Dieu, je viendrai devant toi, je serai devant ton visage, mais quand?" (Psaume 41, 3).
Seigneur mon Dieu, "mon coeur t'a parlé, mon visage t'a cherché c'est ton visage, Seigneur que je chercherai" (Psaume 26, 8).
Penses-tu qu'un jour je verrai ta maison ? (Psaume 26, 4).


16-NOUS AIMERONS DIEU PARFAITEMENT, QUAND NOUS BOIRONS LE VIN NOUVEAU AVEC LE CHRIST DANS LA MAISON DE SON PÈRE


La Sagesse prépare un grand repas (Proverbes 9, 1), et tout ce qu'elle offre est un don de l'amour. Elle nourrit ceux qui travaillent.
Elle donne à boire à ceux qui goûtent le repos et rend ivres d'amour ceux qui règnent dans la gloire. Dans le Cantique des Cantiques, l'Époux dit:

"Mes amis, mangez et buvez, devenez ivres, amis très chers" (Cantique 5, 1). Mangez avant la mort, buvez après la mort, devenez ivres au réveil de la mort. Il est juste d'appeler "amis très chers" ceux qui sont ivres d'amour.

Oui, ils sont ivres d'amour, ceux qui sont invités aux noces de l'Agneau (Apocalypse 19, 9').
Ils mangent et boivent à sa table dans son Royaume (Luc 22, 30).
A ce moment-là, le Christ montre près de lui l'Église, son épouse pleine de gloire.
Elle n'a ni tache, ni ride, ni rien de semblable (Éphésiens 5, 27).
A mon avis, cela arrivera quand le Fils de Dieu passera parmi ses amis et les servira, comme il l'a promis (Luc 12, 37).
Alors "les amis de Dieu" seront en fête, ils danseront de joie en sa présence, ils se réjouiront dans un grand bonheur" (Psaume 67, 4)... A ce moment-là, ils auront franchi pour toujours le quatrième échelon de l'amour.
Ils aimeront Dieu plus que tout, et uniquement Dieu.
Alors nous aussi, nous nous aimerons uniquement pour Dieu.
Il sera lui-même la récompense de ceux qui ont de l'amour pour lui.
Oui, il sera pour toujours la récompense de ceux qui l'aimeront pour toujours.


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