Plaçons devant notre regard intérieur un blessé grave, sur le point de rendre son dernier souffle. La blessure de l’âme, c’est le péché, dont l’Écriture parle en ces termes: « Blessures, contusions, plaies ouvertes qui ne sont ni pansées, ni bandées, ni soignées avec de l’huile » (Is. 1, 6). Reconnais au-dedans de toi toi médecin, ô blessé, et découvre-lui les plaies de tes péchés. Qu’il entende le gémissement de ton coeur, lui pour qui toute pensée secrète est à découvert. Que tes larmes l’émeuvent. Va jusqu’à un peu d’entêtement dans ta requête. Fais sortir du fond de ton coeur de profonds soupirs, sans cesse, vers lui. Que ta douleur lui parvienne pour qu’il te dise, à toi aussi: « Le Seigneur a pardonné ton péché » (2S. 12, 13). Pousse des cris avec David; vois ce qu’il a dit: « Pitié pour moi, mon Dieu,… selon ta grande miséricorde » (Ps. 50, 3). C’est comme s’il disait: « Je suis en grand danger à cause d’une énorme blessure que nul médecin ne peut guérir, à moins que le tout-puissant médecin ne vienne à mon secours ». Pour ce tout-puissant médecin, rien n’est inéluctable. Il soigne gratuitement; d’un mot il rend la santé. Je désespérais de ma blessure si je ne mettais, d’avance, ma confiance dans le Tout-Puissant.
Saint Grégoire le Grand (+604)
Père de l’Église